P.O.L

  • Giacometti

    Charles Juliet

    Giacometti est l'exemple type de l'artiste aux prises avec les difficultés de la création.
    À la fois dessinateur, peintre et sculpteur, il a édifié l'essentiel de son oeuvre au cours des vingt dernières années de son existence.
    Bien que tragique, sa vision de l'homme n'a rien de désespérée. Ses portraits aux regards effarés et qui interrogent, ses sculptures filiformes expriment certes notre solitude, la douleur d'être, la précarité de notre condition, mais ils affirment aussi avec autorité que la vie est finalement plus forte que tout ce qui la ronge et cherche à l'abattre.

  • Dans la joie du voyage, le plaisir du flash-back et des remontées en surface, Yann Dedet, monteur, revient ici sur cinquante ans de carrière et une bonne centaine de films. Avec un sens unique du détail, mais attentif aux grandes lignes, il se rappelle ses collaborations au long cours avec Truffaut, Stévenin, Pialat, Garrel, Poirier et tous les autres. Pourquoi n'avoir jamais monté plus d'un film avec la même réalisatrice ? Comment oublier le scénario et regarder le film en fac ? Qu'est-ce qui fait du monteur un psychanalyste d'occasion, un amant passager et un philosophe platonicien ? Et quel étrange syndrome pousse les cinéastes à lui demander des plans qu'ils n'ont pas tournés ? Dans cette seconde chambre obscure, le gardien ultime de la mémoire parvient-il toujours à retrouver le rêve du film ?
    Entretiens avec Julien Suaudeau, romancier, collaborateur à Positif et réalisateur de plusieurs films. Il enseigne à Bryn Mawr College, non loin de Philadelphie.

  • Trafic

    Trafic

    Visions du Capitole par Cyril Béghin - Claude de Givray, entre Ferreri et Carbonnaux par Luc Moullet - Piquante promenade dans les ruines de la Nouvelle Vague par Jean-Paul Fargier - La Mélangite, le « western mental » d'Agnès Varda par Bernard Bastide - La Mélangite ou les Amours de Valentin Synopsis par Agnès Varda - « The girl with a past » Clairvoyance d'Ida Lupino par Marie Anne Guerin - Des corps dans l'espace Le cinéma comme connaissance charnelle par Annette Michelson - Réflexions autour de Shining par Pip Chodorov - Les sentiments mitigés que m'inspire l'art vidéo par Eric de Kuyper - Le monde ouï Retour sur une lecture de Stanley Cavell par Jean-Michel Durafour - Jean-Louis Leutrat, un cinéma de paramnésie par Alban Pichon - L'arche de Noé, 15 Le Fleuve de Jean Renoir par Hervé Gauville - Murnau en Alaska par Janet Bergstrom - Noa Noa sur le Wannsee Tabou, Les Hommes, le dimanche et le paradis perdu du cinéma muet par J. Hoberman - Flying Man par Agnès Geoffray.

  • Si les tableaux de Paul Cézanne ramènent Charles Juliet sur les lieux de sa propre adolescence, ils provoquent aussi en lui un questionnement sur la création, qu'elle soit celle du peintre ou celle de l'écrivain. Ce livre est un face-à-face troublant entre deux oeuvres, il est aussi un échange, un dialogue entre deux solitudes tendues vers l'autre et vers la vérité, au-delà du temps, au-delà de la mort.

  • Trafic

    Trafic

    Des voix humaines par Marie Anne Guerin
    Benoit Jacquot / Marguerite Duras, l'inconnaissable vue de près par Jacques Bontemps
    La voix de Duraspar Silvia Acierno
    À travers la wilderness de Kelly Reichardt par Jonathan Rosenbaum
    La rumeur gronde par Julie Mengelle
    Ce qui reste par Christophe Béguin
    Le déchet de l'expérience par Jérôme Prieur et Laurent Olivier
    Quatre fois le regard frontal d'une femme par Jean-Michel Frodon
    « Life is nothing but glances » par Luc Moullet
    Jean-Luc Godard, sous l'iceberg de Camera-Eye par Federico Lancialonga
    Exhumation d'un travail oublié de Godard pour la télévision par Michael Witt
    Ida Lupino / J.-L.G. : neuf fois Ida par Laura Laufer
    Ida Lupino avait-elle des ailes ? par Pascale Bodet
    Variations Don Siegel par Philippe-Emmanuel Sorlin
    Jouer juste par Anne Bertrand
    Ava s'en va par Jean-Marie Samocki
    L'arche de Noé, 14 par Hervé Gauville
    La Ruée vers l'or selon Krazy Kat par George Herriman

  • Mai 68 a été une immense prise de parole dans toute la société française, entre étudiants et ouvriers, entre jeunes et vieux, entre femmes et hommes. On a parlé de tout, de tout, de tout, de la politique comme de la sexualité, des revendications comme des désirs, et ce mouvement culturel qui contestait la société capitaliste marchande dans son ensemble et dans ses détails nous a légué des outils pour penser aujourd'hui, et d'abord, pour continuer d'explorer la parole : pourquoi parler, comment parler, un dialogue, c'est quoi.

  • Nul besoin aujourd'hui de jouer au Christ pour descendre aux limbes, il suffit d'aller au cinéma, de payer son obole à la caisse d'une salle obscure, d'emprunter l'escalier tortueux qui conduit au sous-sol et de franchir la porte coupe-feu qui débouche sur l'enfer, le purgatoire ou le paradis des images où s'accomplissent nos désirs inavouables.
    L'inconscient visuel que la caméra révèle à Benjamin, le cinéma permanent où Breton se laisse détrousser comme dans un bois ou l'espace négatif que creuse souterrainement l'art termite cher à Farber ne sont que d'autres noms de ces limbes, dévoyés autant que sécularisés, de notre temps. Pour s'y rendre, il n'est point de meilleurs guides que les films eux-mêmes, qu'ils relèvent ici du registre de la prose comme plusieurs productions hollywoodiennes de Sjöström, de McCarey, de Tourneur et de Fuller, de celui de la poésie comme quelques oeuvres underground plus libres de Levitt, Loeb et Agee, de Brakhage, de Frank et Leslie, ou de celui, plus inclassable encore, de l'écriture de Biette ou de Straub et Huillet.
    Ces Descentes aux limbes forment un diptyque avec Passages à vide dont elles constituent à la fois un prolongement et un cas limite. Là où ceux-ci s'efforçaient de décrire le vide central de l'essieu qui fait tourner la roue des films, celles-là tentent plutôt d'explorer son rayonnement vers la périphérie, aux confins du cinéma, aux abords de la peinture, de la littérature et de la photographie, tels qu'aperçus depuis cette autre rive.

  • La voix manquante

    Frédérique Berthet

    Quelque chose est en cours. Je sens bien qu'on prend le train en marche, que les trois qui sont là ont dû se parler avant qu'on ne commence à les entendre. Marceline s'affiche en brune dans le noir et blanc. Dans quelques secondes, elle va entrer en cinéma, s'avancer de son corps, de sa voix, vers la mise en scène d'une effraction de l'histoire. Ses bras nus portent un message à peine visible : un matricule bouleversant, qui fait intrigue pour ceux qui la filment en ce 16 mai 1960. Cette histoire rapprochée du film d'ethnographie parisienne Chronique d'un été (Jean Rouch, Edgar Morin, 1960) reconstitue la fabrique d'un personnage féminin qui n'eut pas "les quinze ans de tout le monde". En intriquant intimité et collectivité, décors naturels et sites fantomatiques, hier et aujourd'hui, je suis partie à la recherche de ce que l'écran condense du manque et de ce que les archives déplient du temps - le temps d'apprendre à styliser et à dire. Apparaît ainsi, d'entre les pages, la silhouette prémonitoire d'une contemporaine, artiste et témoin de la Shoah.

  • Disparitions

    Bertrand Schefer

    "J'essaie peut-être de dire une chose impossible : être où je ne suis pas, parler avec les morts, aimer une inconnue. J'essaie, penché sur l'image, de fixer le point où la fiction prend corps.
    Des histoires liées à la photographie, au cinéma, à des images qui hantent la mémoire ; des récits en train de s'écrire, des enquêtes en train d'être menées, des scènes en train de se filmer ; des études de cas : Antonioni, Gus Van Sant, Chris Marker, Giacometti, Stendhal, Duras...
    Au fond de toute image, de tout récit, il s'agit avant tout de saisir l'absence, d'écrire la disparition."
    Bertrand Schefer.

  • «Ce livre cherche à mieux comprendre ce qu'est un spectateur de cinéma, un corps de spectateur pris dans le corps du cinéma. On y mène d'abord une comparaison, classique mais jamais éclairée, entre le cinéma et l'hypnose - cet état énigmatique, intermédiaire entre la veille, le rêve et le sommeil. Ressaisie dans l'histoire des dispositifs de vision dont l'hypnose participe, depuis la fin du XVIIIe siècle, cette vue du cinéma comme hypnose s'engage dans trois directions : une analogie de dispositifs ; une interprétation métapsychologique ; la réévaluation contemporaine de l'hypnose stimulée par la recherche neurobiologique. Le parti pris essentiel de ce livre suppose une équivalence entre l'état de cinéma compris comme hypnose légère et la masse des émotions éprouvées au cours de la projection d'un film. Mais plutôt que des émotions conventionnelles, de nature psychologique, il s'agit des émotions premières que Daniel Stern a nommées des affects de vitalité : les réactions sensibles induites chez le tout petit enfant par la construction corporelle et psychique de son expérience, qui sont autant de signes précurseurs du style dans l'art. De ces émotions sans nom, aussi variables que toujours recommencées, le cinéma semble par excellence être le lieu, lui qui se donne, dans ses films authentiques, pour la réalité faite art. Enfin, ce corps d'hypnose et d'émotion est aussi un corps animal. Part d'animalité de l'homme, tenant au mouvement, au plus élémentaire du corps affecté. Dès sa conception et sans cesse au fil de son histoire le cinéma s'est voué à la figuration animale. On la cerne ici à travers le cinéma américain où l'animal, entre pastoralisme et «wilderness», occupe une fonction anthropologique première ; et dans des oeuvres du cinéma moderne européen, d'où ressort une vision plus ontologique. Ce livre est largement conçu à partir d'analyses de films. On cherche à ressaisir le film dans son détail le plus intime, là où, de micro-émotions en émotions plus vastes, sans cesse il se construit. Le choix des films a été aussi divers que possible, dans l'histoire comme dans la géographie du cinéma : des films Lumière aux oeuvres du cinéma moderne et contemporain, en passant par le cinéma classique et le cinéma expérimental ou d'avant-garde. On aimerait avoir ainsi touché le coeur du cinéma. Quelques auteurs surtout ont inspiré cette approche : pour l'hypnose, Lawrence Kubie, Sigmund Freud, Léon Chertok et François Roustang ; pour le développement de l'enfant et la neurobiologie, Daniel Stern et Antonio Damasio ; pour la pensée et la critique du cinéma, Gilles Deleuze et Serge Danay.» Raymond Bellour.

  • Pensées du cinéma

    Raymond Bellour

    Accompagner un film, c'est se tenir dans sa compagnie. Et ainsi, sans même le suivre pas à pas, ce qui est de toute façon illusoire, en figurer au moins une manière d'utopie grâce à la proximité marquée envers tels ou tels de ses moments, tels de ses traits les plus saillants. Afin que se révèle une prégnance du détail attestant l'intensité de la capture dont le spectateur a été la proie et qu'il essaie de rendre au fil de l'argumentation, de l'évocation qui lui paraît propre à servir le caractère unique, la valeur, le génie du film auquel il a choisi de s'attacher.

    Robert Wise, Jacques Tourneur, Ritwik Ghatak, Roberto Rossellini, Satyajit Ray, Jean-Claude Biette, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Chantal Akerman, Claude Lanzmann, Gus Van Sant, Ingmar Bergman, José Luis Guerín, Benoit Jacquot, Stephen Dwoskin, Avi Mograbi, Philippe Grandrieux, Alfred Hitchcock, John Ford, Vincente Minnelli, Federico Fellini, Chris Marker, Harun Farocki, Paul Sharits, Max Ophuls, Fritz Lang - tels sont ici, dans leur ordre d'apparition, les principaux cinéastes dont les films ont suscité pour l'auteur autant d'émotions que de questions propres au cinéma.

  • Rose pourquoi

    Jean-Paul Civeyrac

    "Une nuit, par hasard, je vis à la télévision quelques minutes d'un film inconnu qui firent sur moi une impression très forte et durable. Identifiant ce film une dizaine d'années plus tard, et retrouvant à sa vision quelque chose de l'émotion qui s'était emparée de moi la première fois, j'eus peu à peu la conviction qu'en essayant de comprendre quelle pouvait bien être sa nature exacte j'allais peut-être éclaircir ce qui faisait à mes yeux toute l'importance et la spécificité du cinéma. C'est ainsi qu'est né ce livre : récit détaillé d'une expérience concrète, il tente d'expliciter pourquoi une apparition - celle de Rose Hobart dans une scène de Liliom de Frank Borzage - fut à ce point bouleversante et éclairante."
    Jean Paul Civeyrac.

  • Trafic

    Trafic

    Jean-Marie Samocki, Balcons sans forêts
    Jacques Rancière, Deux yeux dans la nuit
    Gaspard Nectoux, Pedro Costa parmi les siens
    Jonathan Rosenbaum, On est ce qu'on dépense
    Sylvie Pierre Ulmann, Comolli/Philibert, un film nécessaire
    Christa Blümlinger, Un voyage féministe
    Lav Diaz, Paris
    Raymond Bellour, L'art de la terreur
    Marie-Pierre Duhamel Muller, Death of a Poet
    Antoine Thirion, Lav Diaz, passé, présent, futur... maintenant!
    Hervé GauvilleL'arche de Noé, 12
    Matthieu Combe, Le no future au temps présent
    Jérémie Brugidou, Vers une écologie de l'apparition
    Jean-Michel Frodon, Le sinueux trajet de La Longue Route, au bord du gouffre
    Jan Lánicek et Stuart Liebman, Nouveau regard sur La Longue Route d'Alfréd Radok
    Annette Michelson, Dr Ixe et M. Clair
    Pierre Gabaston, Roberto Rosselini : suo stile
    Leslie Kaplan, Une femme sort du cinéma.

  • Trafic ; hiver 2020

    Trafic

    Il est revenu le temps des cinéastes anonymes - La salle éteinte (les voix du silence) - Le cinéma au temps du corona - Lettre de Barcelone - Retour sur Zama de Lucrecia Martel - Ce que l'on ne saurait voir - L'emploi du temps - Le regard analytique au prisme de l'enfance - Entretien avec Serge Daney : « Le mausolée du cinéma me fait horreur »
    - Les nuits du cinéma - L'arche de Noé, 13 - Federico - Entre nostalgie et prophétie - L'espace surréaliste chez Rouch et Skolimowski.

  • Gaël Lépingle, La Nouvelle Vague, arme et bagage. À genoux les gars d'Antoine Desrosières et Marguerite et Julien de Valérie Donzelli
    Mariano Llinás, Nos démons
    Fernando Ganzo, El Pampero à l'heure de La flor
    Claire Allouche, Martín Rejtman, le tact du désespoir
    Gabriela Trujillo, L'attente comblée par l'attente. Sur Zama de Lucrecia Martel
    Érik Bullot, Synchronies discrètes. Notes sur le Journal de Raúl Ruiz
    Antony Fiant, «L'histoire du dernier des hommes devenu un roi». André Robillard vu par Henri-François Imbert
    Henri-François Imbert, André Robillard, en chemin. Journal de montage
    Jacques Bontemps, Amanda, le hasard et la fragilité. Amanda de Mikhaël Hers
    Raymond Bellour, Photo, cinéma, cinéma, photo - mouvements de Ross McElwee
    Jean-Louis Comolli, Les Coréennes de Chris Marker
    Gilbert Cabasso, Les Âmes mortes de Wang Bing
    Jonathan Rosenbaum, The other side of the argument. Premières réflexions sur la fugue démoniaque d'Orson Welles
    Hervé Gauville, L'arche de Noé, 6. Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson
    Marie Martin, Adapter Melville, porter son ombre
    Sarah Ohana, Les personnages pointillés
    Jean-François Chevrier, La disparition comme forme biographique. Lettre à Damien Odoul

  • - Dites-moi au moins l'argument de la querelle.
    - Oh! il est si simple qu'il paraît pauvre face à tant de points de vue qui aménagent plus ou moins une dilution du cinéma dans l'art contemporain, et son histoire à l'intérieur de l'histoire de l'art. La projection vécue d'un film en salle, dans le noir, le temps prescrit d'une séance plus ou moins collective, est devenue et reste la condition d'une expérience unique de perception et de mémoire, définissant son spectateur et que toute situation autre de vision altère plus ou moins. Et cela seul vaut d'être appelé cinéma.
    - Vous ne suggérez tout de même pas une primauté de l'expérience du spectateur de cinéma sur les expériences multiples du visiteur-spectateur des images en mouvement de l'art dont on tend à le rapprocher ?
    - Évidemment non. Il s'agit simplement de marquer qu'en dépit des passages opérant de l'une aux autres et inversement, ce sont là deux expériences trop différentes pour qu'on accepte de les voir confondues. On n'oblige personne à se satisfaire de la vision bloquée de la salle de cinéma. Ce désert de Cameraland, disait Smithson, ce coma permanent. On peut préférer la flânerie, la liberté du corps et de l'esprit, la méditation libre, l'éclair de l'idée. On peut aussi, comme Beckett, se sentir mieux assis que debout et couché qu'assis. Simplement, chaque fois cela n'est pas pareil, on ne sent ni on ne pense vraiment les mêmes choses. Bref, ce n'est pas le même corps. D'où la nécessité de marquer des pôles opposés pour mieux saisir tant de positions intermédaires.

    Les essais rassemblés dans ce livre, écrits entre 1999 et 2012, évoquent parmi d'autres les artistes et cinéastes Eija-Liisa Ahtila, Chantal Akerman, Zoe Beloff, James Benning, Dara Birnbaum, Jean-LLouis Boissier, Janet Cardiff et George Bures Miler, Hans Castorf, David Claerbout, James Coleman, Pedro Costa, Harun Farocki, Masaki Fujihata, Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi, Douglas Gordon, Pierre-Marie Goulet, Philippe Grandrieux, Gary Hill, Alfredo Jaar, Ken Jacobs, Rinko Kawauchi, Thierry Kuntzel, Fritz Lang, Chris Marker, Cildo Meireles, Jonas Mekas, Avi Mograbi, Antoni Muntadas, Max Ophuls, Tony Oursler, Pipilotti Rist, Doug Aitken, Tania Ruiz Gutiérrez, Sarkis, Shelly Silver, Robert Smithson, Michael Snow, Beat Streuli, Sam Taylor-Wood, Eulalia Valldosera, Danielle Vallet Kleiner, Agnès Varda, Bill Viola, Jeff Wall et Apichatpong Weerasethakul.

  • Trafic ; été 2020

    Trafic

    Jacques Bontemps, Jacques Bontemps, Aléas de la transmission
    Amélie Galli, Amélie Galli, Sébastien Lifshitz, l'inventaire infini
    Marie Anne Guerin, Marie Anne Guerin, Ryûsuke Hamaguchi, la prose des récits
    Elfriede Jelinek, Elfriede Jelinek, N'allez pas à eux, les anges viennent à nous !
    Claus Philipp, Claus Philipp, Sur les épaules d'Erich von Stroheim
    Hervé Gauville, Hervé Gauville, L'arche de Noé, 11
    Anne Bertrand, Anne Bertrand, Robert Frank à Mabou
    Joachim Olender, Joachim Olender, Un vaisseau pour le cinéma
    Michelangelo Antonioni, Michelangelo Antonioni, Lellre à Kon Ichikawa
    Frédéric Sabouraud, Frédéric Sabouraud, Antonioni: Éros, Thanatos, cosmos
    Pierre Eugène, Pierre Eugène, Thomas Pynchon et ses lumières
    Guillaume Bourgois, Guillaume Bourgois, V. comme Inherent Vice
    Jonathan Rosenbaum, Jonathan Rosenbaum. Utopie et Apocalypse
    Fabrice Revault, Fabrice Revault. Cinémalédictions
    Manny Farber, Manny Farber, Le héros
    Amadis Chamay, Amadis Chamay, Les doubles jeux d'Arthur Kennedy
    Catherine Perret, Catherine Perret, Garder la main

  • Trafic t.85

    Revue Trafic

    Serge Daney : après, avec :
    Serge Daney, Le monde vu d'en haut
    Jean Louis Schefer, L'ajustement au réel
    Sylvie Pierre, Rio Daney Bravo
    Olivier Mongin, L'expérience Daney. Du corps burlesque à l'acte de présence
    Patrice Rollet, Mélancolie instantanée
    Stéphane Delorme, De l'émotion et du mouvement des images
    Jean-Claude Biette, Annoncer la couleur
    Peter Wollen, Conférence de Rotterdam
    Raymond Bellour, L'effet Daney ou L'arrêt de vie et de mort
    Manoel de Oliveira, Cher Serge Daney
    Pierre Legendre, Fils, tu vois l'image : c'est toi
    Mikhaïl Iampolski, La cinéphilie comme esthétique
    Hervé Joubert-Laurencin, A.B. / S.D. ou les frères passeurs
    Marie Anne Guerin, La première personne
    Frédéric Sabouraud, Comme un tour de passe-passe
    Fabrice Revault d'Allonnes, Ciné-fils ténus et tenaces
    /> Víctor Erice, Amère victoire
    Jacques Rancière, Celui qui vient après. Les antinomies de la pensée critique
    Frédéric Bonnaud, Pro domo
    Emmanuel Burdeau, S.D., Serge Daney sans doute
    Hervé Gauville, L'objet critique
    Jonathan Rosenbaum, Daney en anglais : lettre à Trafic
    Adriano Aprà, Voyages d'Italie
    Christa Blümlinger, Des mots pour le dire
    Leslie Kaplan, Style de Daney
    Sylvie Pierre - Jean-Claude Biette, Conversation avec Jacques Rivette
    Paul Virilio, Le mur de la lumière
    Alexandre Adler, Politique de Serge Daney
    Jean-Michel Frodon, Voyager le cinéma
    Charles Tesson, L'enfant de la balle
    Jean-Christophe Royoux, L'instant du redépart : après le cinéma, le cinéma du sujet
    Serge Daney, Mérimée, l'éternel scénariste

  • L'Entre-Images, Photo, Cinéma, Vidéo (Éditions de la Différence, 1990) rassemblait des essais échelonnés entre 1981 et 1990. L'Entre-Images 2, Mots, Images rassemble des essais publiés entre 1988 et 1999. D'un livre à l'autre, le champ et l'insistance sont les mêmes - le changement de sous-titre suggérant, avec un infléchissement de perspective, la montée en puissance de l'ordinateur. Depuis l'apparition avec l'humain de deux niveaux de signes incompatibles, les mots et les images, il est la première machine susceptible de les traiter et de les transformer ensemble. Il y a désormais, de plus en plus, des images. Des passages entre les images. Parce que tout passe à la télévision et dans l'ordinateur. Parce que la vidéo et l'image digitale ont pu former, transformer toutes les images - c'est le destin des 'nouvelles images'. Entre photo, cinéma, vidéo, infographie, l'entre-images est un lieu de passages. Le lieu où passent aujourd'hui les images. Entre immobilité et mouvement, figuration et défiguration. Et aussi, entre peinture et littérature ou langage. Entre ces images, ces passages, il faut choisir : les images, les oeuvres, par quoi faire exister encore un monde et un art.

  • La Nouvelle Vague, arme et bagage par Gaël Lépingle
    Nos démons par Mariano Llinás
    El Pampero à l'heure de La flor par Fernando Ganzo
    Martín Rejtman, le tact du désespoir par Claire Allouche
    L'attente comblée par l'attente par Gabriela Trujillo
    Synchronies discrètes par Érik Bullot
    « L'histoire du derniers des hommes devenus un roi » par Antony Fiant
    André Robillard, en chemin par Henri-François Imbert
    Amanda, le hasard et la fragilité par Jacques Bontemps
    Photo cinéma, cinéma, photo par Raymond Bellour
    Les Coréennes de Chris Marker par Jean-Louis Comolli
    Les Âmes mortes de Want Bing par Gilbert Cabasso
    The other side of the argument par Jonathan Rosenbaum
    /> L'arche de Noé, 6 par Hervé Gauville
    Adapter Melville, porter son ombre par Marie Martin
    Les personnages pointillés par Sarah Ohana
    La disparition comme forme biographique par Jean-François Chevrier

  • Marcos Uzal, La foire aux auteurs. Cannes 2019
    Anne Bertrand, Voyages en Ghirri
    Youssef Ishaghpour, Le peu de réalité de l'image numérique. 24 Frames d'Abbas Kiarostami
    Olivier Assayas, Manny Farber : ce qui reste du cinéma
    Manny Farber, Des années 1930 aux années 1970. Une conférence au MoMa
    Sylvie Pierre Ulmann, Vigo, Luce
    Gilbert Cabasso, Cinéma, numérique, survie. Lettre à Jean-Louis Comolli
    Raymond Bellour, Avec Christian Metz - deux façons de penser
    Guillaume Dulong, Merci. Du ciné-numérique au cinématographe chiffré de La Sapienza d'Eugène Green
    Hervé Gauville, L'arche de Noé, 8. Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais
    Judith Revault d'Allonnes, Zelimir Zilnik dans le tumulte de l'Histoire
    Eugénie Zvonkine, Vers un réel halluciné. Requiem pour un massacre d'Elem Klimov
    Elem Klimov, Le Dépassement
    Andreï Tarkovski, Le montage
    Thomas Lescure, Édith

  • Trafic n.112 ; hiver 2019

    Trafic

    Jacques Kermabon, Le cinéma d'animation et le monde -
    Jean-Luc Godard, Fidèle Candide -
    Marc'O, Remarques sur Le Livre d'Image -
    Hanns Zischler, Penser avec les mains -
    Guillaume Bourgois, La joie du cygne -
    Nicole Brenez, Jean-Luc Godard expérimental -
    Paule Palacios-Dalens, Jean-Luc Godard, le typographe à la caméra -
    Raymond Bellour, Puissances du medium -
    Harun Farocki, Sur Ici et ailleurs -
    Antje Ehmann, "Ce qu'il y a à faire" -
    Pierre Eugène, Former des fantômes avec Jean Louis Schefer -
    Jacques Bontemps, Marie-Claude Treilhou / Michel Deguy, un poète l'a dit -
    Prosper Hillairet, Cinémabsolu -
    Michael Snow, Des presque dames à foison
    François Gervais, W - W -
    Olivier Schefer, Un film sans histoire(s) -
    Jean-Michel Durafour, Fulci et Rivette sont sur un pont -
    Hervé Gauville, L'arche de Noé, 9 -
    Amélie Galli, Teresa Villaverde ou La persistance du regard -
    Anne Bertrand, Les hasards et la monteuse
    Fabrice Revault, Cinémadolescent

  • Dork Zabunyan, L'écran brisé
    Richard Linklater, Notes pour Dazed and Confused
    Marcos Uzal, Richard, au hasard babillard
    Philippe Fauvel, Céline et Jesse vont en bateau
    Laurence Lécuyer, Se rassembler
    Pierre Jailloux, S'éclater
    Pierre Gabaston, Ordalies de Brisseau
    Jean-Paul Fargier, Le Sang, film maudit de Jean-Daniel Pollet
    Jean-Daniel Pollet, Lettres à François Truffaut
    Gaspard Nectoux, Le secret derrière le Dorr
    John Dorr, La tradition Griffith
    Hervé Gauville, L'arche de Noé, 10
    Élodie Tamayo, Abel Gance et l'anti-ciel
    Abel Gance, La Fin du monde
    François Dumont, Variations Vertigo

  • Cette suite d'articles, pour la plupart publiés en ligne sur le site des Cahiers du cinéma, certains dans la revue Vacarme, s'organisent autour de quelques faits ou éléments constitutifs, pour Pierre Alferi, du pouvoir qu'exerce le cinéma sur nous. D'abord le fantastique et l'immaturité qui sont d'ailleurs, hors même le genre dit fantastique qui fait ici l'objet de beaux développements, au coeur du cinéma qui produit des fantômes animés. Pierre Alferi s'attache à l'évocation et à la critique aussi bien des films à effets (science-fiction, monstres, vampires, etc.) que d'oeuvres plus discrètes, elliptiques, mais pas moins efficaces (ainsi du cinéma de Jacques Tourneur). Ensuite la mélancolie filmée à travers cette manière qu'ont certains héros non pas de regagner le monde qui leur a été refusé, mais d'en faire leur deuil. Ensuite encore, bien sûr, les acteurs, ce qui les fait, peut-être, des êtres d'un genre unique dont les personnages endossés seraient les espèces. Quelques portraits pour cerner une singularité qui ne s'affiche pas, hyperphysique, qui se laisse entrevoir de rôle en rôle, entre les avatars. Enfin, quelques articles imaginent des cinéastes à partir de leurs films. Certains s'appuyèrent sur un modèle déjà classique du beau, dans le théâtre et la peinture, pour maintenir farouchement une volonté d'art dans l'usine à films (Lang, Murnau, Ulmer, Preminger). D'autres, arrivés un peu tard, ont mimé cette volonté (Minnelli, Corman, Lynch, Kitano).

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