Arts du spectacle

  • « Un homme rentre en Allemagne. Mille jours durant, il a attendu dans le froid. Et après avoir attendu mille nuits dans le froid, il peut enfin rentrer chez lui. Et la vie qui l'attend ressemble à un film hallucinant. Il doit se pincer, ne sachant pas s'il rêve. Il s'aperçoit alors qu'il y a des gens qui vivent la même chose que lui. Il se rend compte que c'est un film ordinaire. L'histoire d'un homme qui rentre en Allemagne, comme tant d'autres. Tous ces gens qui reviennent chez eux sans pourtant rentrer car ils ne savent plus où aller. Chez eux, c'est dehors, devant la porte. Leur Allemagne, elle est là dehors, dans la nuit, dans la pluie, dans la rue. Voilà leur Allemagne ! »
    Né à Hambourg en 1921, Wolfgang Borchert est envoyé sur le front russe en 1941. Il en revient blessé et malade et passe la guerre entre l'hôpital, le front, et la prison, pour automutilation et activités subversives. À l'automne 1946, il écrit en une semaine la pièce qui fait de lui le premier écrivain célèbre de l'après-guerre allemande et, avec Heinrich Bll, l'un des représentants majeurs de la « littérature des ruines » : Dehors devant la porte, le récit du retour de Beckmann, simple soldat dont le foyer n'existe plus. Borchert meurt le 20 novembre 1947, la veille de la première de sa pièce.

  • Joselito, torero charismatique et rebelle, explique à sa fille adolescente tentée par les arguments des anti-corridas, le sentiment et les valeurs profondes qui fondent un art né il y a deux siècles. Sans a priori, il l'alerte sur les conséquences culturelles, écologiques et économiques de son interdiction et oppose aux censeurs la dimension artistique et la valeur universelle de la tauromachie.

  • À travers ses trois drames dont les sujets sont empruntés à l'histoire et à la mythologie grecques, Sappho (1818), La Toison d'or (1821) et Les Vagues de la mer et de l'amour (1831), Franz Grillparzer (1791-1872) s'inscrit dans la tradition de la grande tragédie allemande (Goethe et Schiller) dont il est sans doute l'ultime héritier. Revisitant l'Antiquité avec le regard nostalgique de celui qui se voit comme « le dernier des poètes dans une époque prosaïque », il brosse trois remarquables portraits d'héroïnes mythiques (Sappho, Médée, Héro) écartelées entre une vocation sacrée et un amour profane qui tout à la fois les arrache et les rend à elles-mêmes, mais au prix de la vie. Placée sous le double signe d'Éros et de Thanatos, cette expérience transgressive de la passion met à l'épreuve la relation de l'individu à l'autre, au monde et à soi. Franz Grillparzer, ce fils des Lumières profondément enraciné dans la culture classique et antique, explore les ressorts de cette crise d'identité avec une acuité psychologique et une sensibilité analytique qui, à maints égards, font de lui un des pionniers de la modernité viennoise.

  • " J'ai parfois l'impression d'être encore l'orpheline d'hier, la pikin sale et affamée qui, dans sa terreur, se raccrochait de toutes ses forces à un unique espoir, celui de devenir un jour danseuse. À l'époque, je m'appelais Mabinty Bangura, et je dansais pieds nus dans la boue à la saison des pluies. "Mabinty Bangura est née en Sierra Leone en 1995, alors que la guerre civile fait rage. Quand ses parents meurent, aucun membre de sa famille n'est prêt à l'accueillir, car l'enfant souffre d'une maladie de peau, le vitiligo, qui, selon les superstitions africaines, serait une manifestation de sorcellerie. Numéro 27 dans un orphelinat, elle est contre toute attente adoptée à l'âge de quatre ans par une famille américaine et rejoint les États-Unis. Rebaptisée Michaela, elle n'aura plus qu'un rêve : devenir ballerine. Après avoir survécu à la guerre, la maladie et la famine, son combat sera de se faire une place dans l'exigeant milieu de la danse classique, où les préjugés sur la couleur de peau sont particulièrement présents...
    Michaela DePrince et sa mère nous livrent ici un récit bouleversant, le témoignage d'un destin exceptionnel et d'une force de vie hors du commun.

empty