Sculpture / Arts plastiques

  • Jean-François Jaussaud a rencontré Louise Bourgeois en 1994 dans son atelier de Brooklyn. Passé au crible de ses questions, le photographe est finalement adoubé par l'artiste. Un premier rendez-vous a lieu au printemps 1995, mais à une seule condition : détruire les images si celles-ci ne lui plaisent pas... Jaussaud accepte et passe le « test ». Il obtient alors carte blanche pour photographier librement l'atelier et la maison de Chelsea. Il reviendra pendant onze ans.Ces images rares montrent l'une des plus grandes artistes contemporaines dans son intimité, au coeur de son oeuvre.

  • Tout à la fois influencé par les maîtres de l´Antiquité, le génie de Michel-Ange et la sculpture baroque, Auguste Rodin est l´un des artistes les plus reconnus de l´histoire. Bien qu´il soit considéré comme l´un des fondateurs de la sculpture moderne, Rodin n´a jamais critiqué la tradition classique. Nombre de ses sculptures furent critiquées et controversées en raison de leur sensualité ou de leur réalité crue. Ses oeuvres les plus originales se détachaient des traditionnels thèmes mythologiques ou allégoriques pour étreindre le corps humain, célébrer l´individualisme et la matérialité. Ce livre dévoile la vie et la carrière de cet artiste en explorant ses oeuvres majeures telles que La Porte de l´Enfer, Le Penseur et le fameux Baiser.

  • Louise Bourgeois est par excellence la femme-couteau, la femme sculpteur, celle qui découpe, tranche, cisaille, mais aussi celle qui incarne l'ambivalence féminin-masculin : la protection et la menace, la fragilité et la force, la tendresse et la violence.
    Née en 1911 à Paris, et ayant vécu à New York de 1938 jusqu'à sa mort en 2010, elle est devenue, après une reconnaissance tardive, l'une des artistes les plus emblématiques du XXe siècle. Son oeuvre polymorphe, composée de peintures, gravures, dessins,
    sculptures, installations, est profondément autobiographique et échappe à toute classification esthétique. En réactivant les souvenirs et les traumatismes de son enfance, Louise Bourgeois donne forme et corps à ses émotions, créant une oeuvre organique, sensuelle et érotique, dont le thème essentiel est la femme-maison. « La sculpture est le corps et mon corps est une sculpture. »
    Cette biographie ne retrace pas seulement le parcours d'une grande artiste, sa formation, ses influences ; c'est aussi le récit d'une vie de femme exceptionnelle, ayant connu les deux guerres, l'exil, épouse d'un célèbre historien de l'art, et mère de trois enfants. Elle s'appuie sur les archives personnelles inédites de l'artiste, ses journaux intimes, sa correspondance, ses écrits psychanalytiques, ainsi que sur ses interviews et des entretiens avec ses proches.

  • Auguste Rodin (1840-1917) intensiviertseine zeichnerische Tätigkeit als etwa 10-Jähriger und besucht ab 1854 in der Zeichen- und Mathematikschule La Petite ÉcoleKurse von Henri Lecoq de Boisbaudran (1802-1897) und des MalersJean-Hilaire Belloc (1786-1866). Dort entdeckt er für sich die Bildhauerei. Er verlässt 1857diese Schule und versucht, an der berühmten École nationale supérieure des beaux-artsaufgenommen zu werden, scheitert aber dreimal.Ab 1864 beginnt eineachtjährige Zusammenarbeit mit dem Bildhauer Albert-Ernest Cartier-Belleuse (1824-1887), der sich eine 1873 Kooperation mit dem belgischen Bildhauer Antoine-Joseph van Rasbourgh (1831-1902) anschließt.
    Zu seinen ersten großen Werken zählen u. a. Der Mann mit der gebrochenen Nase(1864), die später vom französischen Staat angekauftelebensgroße Figur Das eherne Zeitalter(1875/1876), der auch für das zukünftige Museum der dekorativen Künsteein nie fertiggestelltes Portalbestellte. Diesen Arbeiten folgten im Lauf der Jahreu. a. Der Kuss (1886),die Bürger von Calais(1889) und Der Schreitende(1877-1880 und 1900). Seine Hauptarbeit ist wohl Das Höllentor(1880-1817), an dem er 37 Jahre lang und bis kurz vor seinem Tod arbeitete und aus dem seine bekannteste andere Figur, Der Denker, stammt, dessen Kopie über dem Grab der ebenfalls 1917 gestorbenen, spät geheirateten Rose Beuret steht.

  • Qui était Alberto Giacometti, l'un des artistes majeurs du XXe siècle ? Anca Visdei est partie sur ses pas, dans le Val Bregaglia en Suisse, là où il grandit entre son père, peintre, et sa mère, figure maternelle puissante, à Venise où il fit ses études, puis à Paris où il fut l'une des figures marquantes d'une période artistique particulièrement féconde. Des témoignages privilégiés, des extraits de sa correspondance, une exploration de son oeuvre au plus près du geste de l'artiste nourrissent un récit captivant et émouvant. On y découvre la personnalité d'un Giacometti tout en contrastes qui n'eut de cesse de travailler à « montrer les choses telles qu'il les voyait », soit l'homme qu'il était dans tous les hommes. Un voyage passionnant dans la vie et l'oeuvre d'Alberto Giacometti. Anca Visdei a travaillé comme journaliste en Suisse, puis à Paris où elle vit aujourd'hui. Auteur de théâtre, romancière, metteur en scène, elle est aussi l'auteur de biographies, notamment celle de Jean Anouilh dont elle fit la connaissance dans les années 1980.

  • Influenced by the masters of Antiquity, the genius of Michelangelo and Baroque sculpture, particularly of Bernini, Auguste Rodin (1840-1917) is one of the most renowned artists in history. Though Rodin is considered a founder of modern sculpture, he did not set out to critique past classical traditions. Many of his sculptures were criticised and considered controversial because of their sensuality or hyperrealist qualities. His most original works departed from traditional themes of mythology and allegory, and embraced the human body, celebrating individualism and physicality. This book uncovers the life and career of this highly acclaimed artist by exploring his most famous works of art, such as the Gates of Hell, The Thinker and the infamous The Kiss.

  • Un jour, vous avez vu une affiche dans la rue, une affiche dont vous avez presque immédiatement détourné le regard, pas assez vite cependant pour ne pas voir que les petits personnages en tissu rose, couchés côte à côte, avaient pour certains deux têtes,

  • Ferronnier d'art dans sa jeunesse, entré à la Trappe de Soligny à vingt-quatre ans, le Père Marie-Bernard y devient l'homme à tout faire, le réparateur sans cesse sollicité. Malgré une santé fragile, il y vivra jusqu'à l'âge de quatre-vingt-douze ans.
    À la demande du Carmel de Lisieux, il réalise dès 1919 une statue de Thérèse: il la représente assise, en train de méditer la Parole de Dieu. Il en sculpte beaucoup d'autres, notamment celle qui sera repro- duite à 300000 exemplaires à travers le monde: Thérèse couvrant de roses son Crucifix.
    Surnommé «professeur de joie» par ses frères, il vivait intensément la spiritualité du sourire qu'il avait découverte chez Thérèse et il la faisait aimer en composant toutes sortes de poèmes, de chants et de contes. « La joie, aimait-il dire, est le vernis de l'amour : une âme chantante est une âme enchantée de Dieu ».

  • Résultat de plusieurs années d'enquête, de centaines d'heures d'entretiens avec les amis, la famille mais aussi les détracteurs d'Andy Warhol, cette biographie révèle les origines de l'icône du pop art.
    Jamais un texte ne s'est penché avec autant d'attention sur son parcours, depuis son enfance au sein d'une famille d'émigrés ruthènes dans la banlieue industrielle de Pittsburgh jusqu'à son quotidien tumultueux à New York. Véritable time capsule, ce document est une plongée dans la vie complexe et controversée de l'artiste... Rédacteur en chef de la célèbre revue Interview, Victor Bockris consigne dans un style unique une époque et cristallise les voix de ceux que Warhol aura croisés tout au long de sa vie. Cette biographie, publiée pour la première fois dans son intégralité en France, dépasse la simple anecdote pour raconter mieux que personne l'ascension d'Andy Warhol et sa course effrénée et obsessionnelle vers la gloire.

  • Cette suite d´articles, pour la plupart publiés en ligne sur le site des Cahiers du cinéma, certains dans la revue Vacarme, s´organisent autour de quelques faits ou éléments constitutifs, pour Pierre Alferi, du pouvoir qu´exerce le cinéma sur nous. D´abord le fantastique et l´immaturité qui sont d´ailleurs, hors même le genre dit fantastique qui fait ici l´objet de beaux développements, au coeur du cinéma qui produit des fantômes animés. Pierre Alferi s´attache à l´évocation et à la critique aussi bien des films à effets (science-fiction, monstres, vampires, etc.) que d´oeuvres plus discrètes, elliptiques, mais pas moins efficaces (ainsi du cinéma de Jacques Tourneur). Ensuite la mélancolie filmée à travers cette manière qu´ont certains héros non pas de regagner le monde qui leur a été refusé, mais d´en faire leur deuil. Ensuite encore, bien sûr, les acteurs, ce qui les fait, peut-être, des êtres d´un genre unique dont les personnages endossés seraient les espèces. Quelques portraits pour cerner une singularité qui ne s´affiche pas, hyperphysique, qui se laisse entrevoir de rôle en rôle, entre les avatars.
    Enfin, quelques articles imaginent des cinéastes à partir de leurs films. Certains s´appuyèrent sur un modèle déjà classique du beau, dans le théâtre et la peinture, pour maintenir farouchement une volonté d´art dans l´usine à films (Lang, Murnau, Ulmer, Preminger). D´autres, arrivés un peu tard, ont mimé cette volonté (Minnelli, Corman, Lynch, Kitano).

  • Le sculpteur danois Bertel Thorvaldsen (1770-1844) occupe une place remarquable dans l'histoire de la réception de l'art antique. On peut dire qu'il fut à la sculpture ce que David fut à la peinture, le meilleur des défenseurs du néo-classicisme dans la lignée de Winckelmann. C'est à Rome, où il vécut près de quarante ans, qu'il réalisa la plupart de ses oeuvres, en y recueillant l'hommage d'Antonio Canova. Devenu son grand rival, il s'en distingue par une application plus rigoureuse des canons de beauté propres à la statuaire antique. En témoigne son célèbre Jason et la toison d'or, qui le révèle au public en 1803 et le propulse au premier rang de la scène italienne et internationale. L'ouvrage qu'Eugène Plon lui consacrera en 1867 est le plus complet. Jamais réédité depuis une seconde édition en 1874, il l'est, à l'occasion du 250e anniversaire de la naissance de Thorvaldsen, dans une version présentée et annotée par Eryck de Rubercy. S'y ajoutent les textes sur Thorvaldsen des historiens d'art Henri Delaborde (1811-1899) et Sauveur Jacquemont (1837-1898) qu'accompagne la traduction inédite de textes d'auteurs allemands aussi essentiels que Friederike Brun, August Wilhelm Schlegel (lettre à Goethe), Wilhelm Waiblinger, Friedrich Hebbel et August Kestner.

  • Dans la famille des poètes-ajusteurs autodidactes, la modestie compense le génie des ingénieurs ou la prétention des grands artistes. Robert Dugué caresse le bois : condensation des tensions et redéploiement des courbes électriques. Poèmes et images viennent alors fusionner en un album familier des bêtises quotidiennes, les siennes et celles des autres.
    Cette édition est intégralement illustrée.

  • Qu'est-ce que la sculpture contemporaine ? Répondre à cette question, c'est dresser une histoire de l'art du volume qui s'étend de l'assemblage à l'installation, de l'art de l'objet au Land Art. Les sept décennies de 1945 à aujourd'hui ont vu - avec Brancusi, Giacometti, Carl Andre, Louise Bourgeois, Robert Smithson, Tinguely, Richard Serra - le champ élargi de la sculpture se redéfinir comme l'art public par excellence qui anime l'espace et métamorphose le site où il prend place. La prise en compte de l'oeuvre dans sa matérialité et dans son environnement conduit surtout à faire de la sculpture le lieu des interrogations métaphysiques et existentielles, la manifestation de l'énergie de l'homme contemporain dans sa multiplicité inventive. Paul-Louis Rinuy a dirigé la Revue de l'art, et écrit et organisé des expositions sur de nombreux sculpteurs des XXe et XXIe siècles, Brancusi, Giacometti, Zadkine, Étienne-Martin, Dodeigne, Jean-Pierre Raynaud, Penone ou Alain Kirili. Commissaire d'exposition, critique d'art et universitaire, il a notamment publié : avec Thierry Dufrêne, De la sculpture au XXe siècle, Presses Universitaires de Grenoble, 2001; Dodeigne, Adam Biro, 2002; Épreuves du mystère, Ereme, 2008; Patrimoine sacré (XXe-XXIe siècles). Les lieux de culte en France depuis 1905, Éditions du Patrimoine, 2014; Le Corps de la sulpture, Beaux-Arts éditions, 2016.

  • Après un 1er volet sur les gargouilles, Claude Tuot poursuit son exploration de la statuaire marginale de la cathédrale de Reims, nous invitant cette fois à la découverte de ses Masques.
    Ce nom donné aux quelques centaines de têtes qui ornent les pinacles, amortissent les retombées d´arcs ou surmontent les arcs-boutants, donne lieu à une réflexion sur le terme même de masque. Mais à travers ces sculptures, c´est aussi et surtout une image de l´homme qui se dessine, une image en dehors des stéréotypes habituels, décomplexée et contemporaine.

  • A-t-il existé une statuaire carolingienne ? Les chefs-d´oeuvre de la sculpture romane auvergnate datent-ils bien du XIIe siècle ? La sculpture saxonne du XIIIe siècle dérive-t-elle vraiment de modèles français ? Quand a-t-on construit le porche de Moissac, le tympan de Conques, la façade de la cathédrale de Reims ? Ces questions et beaucoup d´autres reçoivent trop souvent, dans les études spécialisées et à plus forte raison dans les manuels, des réponses péremptoires qui dissimulent les difficultés, les raisonnements approximatifs et le refus des remises en cause. Examinant l´une après l´autre les méthodes dont nous disposons pour dater les oeuvres, de l´analyse de laboratoire au jugement stylistique en passant par l´interprétation des documents écrits, Jean Wirth évalue les apports et les limites de chacune d´elles. Il montre à partir d´exemples concrets quelles dérives les menacent et comment en faire le meilleur usage. Parfaitement conscient des faiblesses de l´histoire de l´art, mais amoureux de sa discipline, il en propose une critique radicale et constructive. Dater une oeuvre quelques décennies voire quelques années plus tôt ou plus tard n´est pas un petit jeu stérile, mais peut en modifier entièrement la signification artistique et le message. Si la statue-reliquaire de sainte Foy à Conques était réellement une oeuvre carolingienne, cela signifierait que le refus par Charlemagne du culte des images était irréaliste. Situés au milieu du XIIe siècle, les chapiteaux du maître auvergnat de Mozat sont des excentricités incompréhensibles. En les replaçant dans le contexte du XIe siècle, on s´aperçoit qu´ils constituent une étape majeure du développement de la sculpture romane et qu´ils ont été imités jusqu´à Compostelle. Enfin, comme le montre Jean Wirth, la datation précise des oeuvres est indispensable pour dégager l´individualité et l´influence des grands artistes médiévaux, au lieu de les dissoudre dans des écoles et des ateliers aux contours indistincts. Auteur de nombreux travaux sur l´image médiévale, Jean Wirth est archiviste-paléographe et professeur d´histoire de l´art à l´Université de Genève.

  • Ce récit raconte l'initiation à l'art de pénétrer la pierre d'un jeune artiste au parcours à nul autre pareil. Ce jeune artiste produira une oeuvre abondante qu'il s'appliquera à ne pas divulguer pour respecter le souhait de clients prestigieux qui se sont réservés ses ouvrages. Peut-être sera-t-il un des anonymes de la deuxième moitié du 20ème siècle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La naissance et l'installation des statues nous font entendre l'écho des affrontements politiques, sociaux et culturels qui ont marqué ces deux derniers siècles. Car nos héros n'ont pas tous fait l'unanimité. Gauche et droite se sont très violemment heurtées, quand ce n'est pas au sein même de la gauche que des divergences sont apparues. Narration vivante et pittoresque qui n'exclut pas le sérieux du propos ; à travers cette galerie de personnages, c'est l'histoire de Paris et de la France qui nous est contée.

  • La création plastique en Occident est devenue un art essentiellement visuel. Or, l'ouïe et le toucher ont leur rôle à jouer dans la perception de la sculpture. Et la sculpture africaine se nourrit de cette pluralité sensorielle. La sculpture en Occident ne devrait-elle pas, une nouvelle fois, suivre son exemple pour sortir de l'impasse où elle s'est mise ? Agonie d'une discipline ou mutation salvatrice ? Si la sculpture ne va plus de soi, la tension sculpturale est toujours là. Comment s'inscrit-elle dans le monde d'aujourd'hui ? L'auteur confronte sa pratique de la création plastique avec l'expérience qu'il a du continent africain.

  • Les trois articles peu connus - pour la première fois traduits en français et réédités en fac-similé - du célèbre historien de l'art suisse de langue allemande, Heinrich Wölfflin (1864-1945), intitulés Comment photographier les sculptures, furent publiés en Allemagne en 1896, 1897 et 1915. L'intérêt de ces textes est capital, puisqu'ils témoignent, pour la première fois dans l'histoire de l'art, d'une réflexion critique novatrice concernant la reproduction photographique des oeuvres d'art anciennes.

  • L'ensemble des sculptures de Docteur Koffi DONKOR retrace l'histoire commune des différents peuples qui les abritent. Les monuments sont les témoins du vécu. Ces créations monumentales cachent des intérêts identitaires qui restent à clarifier. Cette approche globale sur l'art monumental s'impose comme une nécessité de recherche, pour la simple raison que le regard des spectateurs doit s'orienter vers la destinée des oeuvres, afin que l'ensemble des peuples s'approprie l'unité culturelle Ivoirienne.

  • Cet ouvrage fait suite aux précédents ouvrages de la série sur la sculpture flamboyante : « Les grands imagiers d'Occident », qui introduisait l'étude de la sculpture flamboyante en Europe (Prix Strasbourg), et aux quatre autres volumes consacrés respectivement à diverses provinces de l'art du gothique tardif : Champagne-Lorraine (Prix des feuilles d'or de Nancy), Normandie, Île de France, Bourgogne, Franche-Comté, Auvergne, Bourbonnais, Forez.
    Plusieurs générations d'historiens de l'art ont accrédité cette idée tenace selon laquelle l'art languedocien serait une émanation de l'art bourguignon. Il n'est plus permis d'accepter ce jugement. Le Languedoc est une terre de prédilection de l'art flamboyant : le Maître de Rieux n'a pas attendu la venue de Sluter pour exercer son génie exalté et, à l'opposé, les stalles d'Auch prouvent la longue fascination du style.
    Des circonstances politiques et économiques en ont permis l'essor, grâce au concours de mécènes dont l'exemple initial a été fourni par les comtes d'Armagnac. C'est en sa qualité de bastion de l'État armagnac que le Rouergue a pu jouer un rôle si considérable dans la survie et le renouveau des traditions méridionales.
    Malheureusement, mis à part quelques artistes très célèbres comme Jacques Morel ou Nicolas Bachelier, la production languedocienne est trop souvent tributaire d'un impénétrable anonymat. À défaut d'en percer le mystère, des groupements multiples sont donc proposés, révélant l'extraordinaire richesse de la production et la grande diversité de ses ateliers.

  • « Quand on parle, de façon absolue, de l'art bourguignon, c'est de l'art du temps des grands ducs, c'est à la grande école slutérienne que l'on pense » (J. Calmette).

    Il est vrai que le génie de Sluter et de ses successeurs a donné à l'art de la Bourgogne et de la Franche-Comté une notoriété internationale. Par le tumulte du drapé et l'intensité de l'expression, les deux provinces occupent une place fondamentale dans le renouveau qui préside à l'histoire de la sculpture flamboyante.

    Cependant, cette histoire déborde largement le cadre du mécénat ducal. L'élan donné par les artistes officiels se poursuit jusqu'au début du XVIe siècle. À côté des quatre « Grands » , Sluter, de Werve, La Huerta et Le Moiturier, des personnalités nouvelles se font jour, comme Quentin Bouchier, Jacques Bertrand, Jean Damotte, sans parler de la foule des anonymes, comme le Maître de 1508.

    On attribuait la sculpture bourguignonne au mérite à peu près exclusif des imagiers ducaux ; on la découvre à travers la richesse et la diversité de procédés d'une multitude d'artistes.

    Avec plus de 600 photos, toutes originales et inédites, cet ouvrage de 384 pages recense l'essentiel des ouvres connues ou méconnues des deux Bourgognes, permettant d'apprécier la place imminente de ces provinces dans le mouvement artistique européen.

  • Le plus souvent modestes, les croix du Bourbonnais ne sont pas moins détentrices d'un éloquent héritage.
    Une prospection raisonnée, tenant compte de la signification profonde de chaque monument, fait apparaître, en effet, un marquage historique d'une étonnante richesse qui défie les épreuves du temps.
    Au-delà de la destination ou de la forme des croix, par elles-mêmes si diversifiées, on peut y découvrir l'évolution de la sensibilité religieuse au cours des deux millénaires de notre civilisation chrétienne.
    Par cette approche assez inédite, c'est toute l'histoire d'une province qui est ici évoquée.

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