• « Chacun comprend aisément qu'une croissance infinie dans un monde fi ni est impossible, tout en agissant comme si cela n'était pas vrai. Nous sommes collectivement affligés d'une dissonance cognitive : pour assurer notre confort psychique, nous renonçons à considérer la vérité qui nous embarrasse en espérant que, finalement - mais sans trop savoir comment - tout finira par s'arranger... » En réalité nous savons comment sortir de l'impasse. Pour nous guérir de notre addiction à la croissance, nous devons restaurer la notion de biens communs, réhabiliter la réciprocité, en fi nir avec l'endettement, renouer le dialogue avec la nature.

  • Le « développement » a servi pendant six décennies à légitimer, au Nord comme au Sud, d'innombrables politiques économiques et sociales et fait croire à l'avènement du bien-être pour tous. La mondialisation a pris le relais mais, loin de promettre le développement, on se contente désormais de lutter contre la pauvreté en proposant la croissance comme seul recours.
    Nonobstant son échec, le développement survit comme une lueur d'espoir collectif, car il repose sur une croyance profondément ancrée dans l'imaginaire occidental et le besoin de croire l'emporte sur les doutes que l'on peut avoir sur l'objet de la croyance.
    Remontant le cours de l'histoire, ce livre fait le point sur les théories et les stratégies qui, depuis la fin des années 1940, ont prétendu transformer le monde. Gilbert Rist, critique du « développement », s'intéresse aujourd'hui à celle du paradigme économique dominant afin de mettre en évidence les limites de l'hégémonie occidentale. Et s'il fallait remettre en cause les catégories économiques et prendre le chemin de la décroissance ?
    Cette quatrième édition souligne les contradictions nées des « exigences de la croissance » et de l'urgence à sauvegarder la planète.
    Une lecture dérangeante et indispensable. Julien Woessner
    Un livre à déconseiller formellement aux amateurs de formules euphorisantes et autres clichés moralisateurs. Rony Brauman
    Comment jugera-t-on demain l'ère du développement ? Il est trop tôt pour le dire. Mais il est temps de poser la question. Afin de convoquer l'imagination dans le combat contre les évidences. Yves Hardy
    Le développement est devenu une réalité virtuelle à laquelle on feint de croire pour donner un sens aux pratiques sociales. Pour Gilbert Rist, il est urgent de remettre en cause la croyance. Il ouvre des pistes pour y parvenir dans un domaine où tout reste à faire. Silvia Pérez-Vitoria
    L'ouvrage constitue indiscutablement une référence urgente pour ceux qui ont à coeur de préparer les évolutions futures. Lahsen Abdelmaki

  • La culture fut d'abord considérée comme un " obstacle au développement ". Puis, inversement, on critiqua le développement au nom de la diversité culturelle. Aujourd'hui, après avoir alternativement privilégié l'un et l'autre terme, certains croient pouvoir résoudre le dilemme en forgeant les expressions " développement culturel " ou " dimension culturelle du développement ". Et si la culture, mise au service du développement, en était devenue l'otage ? Comment s'organisent ces rapports conflictuels - abstraitement définis - dans les pratiques quotidiennes ? Les auteurs, qui se consacrent depuis longtemps à l'étude des effets culturels du développement, relancent le débat de manière originale, en faisant alterner les apports théoriques et les cas concrets, dans une perspective critique qui tient compte de la complexité sociale.

  • Si l'on prend en compte la longue histoire de la notion de " développement ", terme utilisé dans le Pacte de la Société des Nations dès 1919 et consacré par le président Truman en 1949, il est clair que l'enthousiasme des débuts s'est affaibli sous le coup d'échecs répétés. Pourtant, l'espoir de parvenir à une croissance économique généralisée n'a jamais été aussi grand, malgré les désastres qu'elle provoque et que l'on feint d'ignorer. [Chapitre extrait de l'édition 2016 de L'état du monde]
    Depuis plusieurs années, et singulièrement après la crise financière de 2008, les inégalités sont redevenues un thème d'actualité. Des best-sellers internationaux se consacrent à cette question trop longtemps négligée. Des ONG publient des chiffres alarmistes qui illustrent le fossé croissant entre les pauvres, qui paraissent toujours plus nombreux et vulnérables, et les ultra-riches, qui ne savent plus comment dépenser leurs gigantesques fortunes. D'Athènes à New York, de Madrid à Hong Kong, les mouvements populaires qui placent la lutte contre les " inégalités " au coeur de leur programme se multiplient et prennent de l'ampleur.
    Mais, derrière les slogans, comment appréhender et mesurer précisément ces inégalités qui pèsent de plus en plus sur l'agenda international ? Politiques, économiques, sociales, raciales, culturelles ou sexuelles : comment s'enchevêtrent les différentes facettes de l'inégalité ? Pourquoi les institutions internationales, elles-mêmes très inégalitaires, échouent presque toujours à atteindre les objectifs qu'elles se sont fixés en matière de " développement " ? Pourquoi l'accès à l'alimentation, au logement, à l'éducation ou à la santé reste-t-il à ce point inégalitaire ? L'injustice ressentie par de nombreuses populations favorise-t-elle les conflits et la violence politique ?
    Grâce aux chercheurs et journalistes réunis autour de Bertrand Badie et Dominique Vidal, cette édition 2016 de L'état du monde propose de nouvelles perspectives pour comprendre les inégalités contemporaines aux échelles mondiale, régionale et nationale. S'appuyant sur de solides ressources statistiques et sur d'innombrables exemples, sur les cinq continents, les spécialistes qui ont contribué à ce volume en décortiquent les mécanismes et fournissent ainsi quelques pistes pour tenter de les combattre.
    Ceci est le chapitre " Que reste-t-il du "développement" ? " par Gilbert Rist, extrait de l'ouvrage L'état du monde 2016.

  • L'intention initiale était de proposer quelques règles générales pour déconstruire la rhétorique internationale en mettant en lumière les différents procédés qu'elle utilise pour s'imposer. Montrer, par exemple, comment le discours qui se prétend référentiel et qui est donc censé décrire la réalité, parvient à construire cette réalité et à inciter à l'action. Expliquer comment le recours à des formules passe-partout ou à des affirmations invérifiables permet d'obtenir l'assentiment du lecteur. Débusquer les fausses causalités qui, par la conjonction de deux faits, font croire que l'un est la conséquence de l'autre. Cette entreprise s'est heurtée toutefois à deux difficultés...

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