• Never(s)

    Frédérique Berthet

    "Un jour vous avez sorti la valisette de l'ombre de la chambre toutes les disparitions étaient envisageables même la vôtre, que vous avez vue venir toutes, sauf ces efforts ces élans inspirés avec plume encrier papier
    - vos écritures
    je vous ai lue, j'ai nagé de Saint-Benin à Saïgon

    il se pourrait donc bien que ce livre ait commencé de s'écrire un été 42, dans une caserne de l'infanterie coloniale de Casa."

  • La voix manquante

    Frédérique Berthet

    Quelque chose est en cours. Je sens bien qu'on prend le train en marche, que les trois qui sont là ont dû se parler avant qu'on ne commence à les entendre. Marceline s'affiche en brune dans le noir et blanc. Dans quelques secondes, elle va entrer en cinéma, s'avancer de son corps, de sa voix, vers la mise en scène d'une effraction de l'histoire. Ses bras nus portent un message à peine visible : un matricule bouleversant, qui fait intrigue pour ceux qui la filment en ce 16 mai 1960. Cette histoire rapprochée du film d'ethnographie parisienne Chronique d'un été (Jean Rouch, Edgar Morin, 1960) reconstitue la fabrique d'un personnage féminin qui n'eut pas "les quinze ans de tout le monde". En intriquant intimité et collectivité, décors naturels et sites fantomatiques, hier et aujourd'hui, je suis partie à la recherche de ce que l'écran condense du manque et de ce que les archives déplient du temps - le temps d'apprendre à styliser et à dire. Apparaît ainsi, d'entre les pages, la silhouette prémonitoire d'une contemporaine, artiste et témoin de la Shoah.

  • L'intime, qui est généralement tu, caché, privé, est de plus en plus exposé à l'écran et se trouve transformé du fait de cette exposition : il devient partagé, dans une sorte d'intimité à distance de soi et à destination d'autres personnes secrètes et multiples. Ce faisant, il nourrit la sensibilité du spectateur en même temps que celle du cinéaste et des artisans du film.

    Dans une série d'essais riches et contrastés, les auteurs de ce livre réfléchissent à la question paradoxale de l'intime au cinéma, par les archives, les affects, les formes narratives ou les dispositifs. Ils explorent l'univers de cinéastes aussi différents que Jean Eustache, Richard Linklater, Carolee Schneemann, Jean-Luc Godard, Leighton Pierce, Chris Petit, Xavier Dolan, Paolo et Vittorio Taviani, Jean Renoir, Lars von Trier, Laure Vermeersch, Sarah Polley, Yasujiro Ozu et quelques autres. Au fil de leurs analyses, ils font apparaître le film comme un acte, un événement, avec ses ramifications et ses conséquences sociales, politiques, esthétiques et éthiques.

  • Le titre « traverser/crossing » évoque, bien sûr, l'idée de passage - celui du papier au numérique - mais aussi celle d'une exploration : ce numéro est ainsi composé d'un choix de textes que la revue a publié sur son site Internet, sous une forme préliminaire expérimentale, dans ses suppléments électroniques issus d'ateliers et séminaires portant sur l'intermédialité. Ces textes offrent au regard une image juste de la diversité des corpus et des configurations historiques qu'­Intermédialités­ traverse, tout en démontrant l'efficacité des approches intermédiales pour la compréhension de phénomènes complexes, quel que soit le niveau auquel ils se produisent, ou encore leur nature.

  • Intitulé « inclure (le tiers) », ce numéro réuni des essais et des études qui abordent la question du tiers afin d'alimenter une réflexion de portée générale tout en visant à affiner l'analyse de certaines situations mettant en jeu des tiers, ou du Tiers, et à expérimenter sur l'étude d'oeuvres cinématographiques une entrée par le tiers dans l'étude des médialités. Les textes sont en grande partie issus d'une réflexion amorcée lors d'un atelier scientifique initié par Djemaa Maazouzi et Marion Froger, intitulé « Adresses au tiers et postures des tiers dans le partage des mémoires », qui s'est tenu à Montréal en avril 2012.

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