• La mondialisation a radicalement modifié l'industrie de l'habillement et le rapport au corps. Le contenu de nos garde-robes révèle les conséquences environnementales et sociales du capitalisme de séduction. Pour assouvir les désirs, les corps des travailleurs sont consommés par le vêtement, parfois jusqu'à la mort, dans une forme d'esclavage moderne.Sur le banc des accusés, les marques et les industriels cherchent à mettre en place un code de conduite basé sur les droits de l'homme et la durabilité, tandis que les acheteurs sont invités à être plus « responsables ».Mais pour Audrey Millet, qui refuse de culpabiliser les consommateurs, c'est tout le modèle économique qui doit être repensé pour aller vers un système global de production plus éthique et respectueux de l'environnement.

    Chercheuse associée au CNRS et docteure en histoire, Audrey Millet est spécialiste de l'histoire de l'habillement. Elle a fréquenté le milieu de la mode de l'intérieur puisqu'elle a exercé comme styliste, avant de se réorienter. Elle est l'autrice aux éditions Belin de Fabriquer le désir. Histoire de la mode de l'Antiquité à nos jours.

  • Futile ou lourde de sens, aimée ou décriée, la mode vestimentaire marque les esprits, transforme les corps, dicte les choix économiques et culturels, en somme elle fabrique le désir. Outil de séduction et marqueur social, la parure est le lieu des consommations les moins raisonnées. Du port de la ceinture à Athènes aux accessoires de luxe, de la sandale antique à la chaussure médiévale, de la garde-robe de Catherine d'Aragon à l'utopie esthétique nazie, Audrey Millet propose une histoire globale de la mode, entre enjeux économiques, esthétiques, sociaux ou culturels. Loin de la seule description, cette histoire de la mode et du luxe explique pour quelles raisons l'habillement, adulé ou décrié, neuf ou de seconde main, occupe une place aussi importante dans les imaginaires.

  • Témoin de l'industrialisation croissante et de l'essor de la consommation, Henri Lebert, dessinateur de modes, a laissé 13 volumes manuscrits de son quotidien qu'il dédicace à son fils. Commentateur sensible de la chute de Napoléon, épris des collines alsaciennes de son enfance, inquiet en 1848, jaugeant les produits de l'industrie, Henri nous apprend à revoir le XIXe siècle. L'ouvrier qualifié est aussi un violoniste confirmé, un lettré dont les descriptions proposent d'accompagner les fantômes figés dans les maisons Ancien Régime. À Colmar, Paris ou Lyon, il nous livre l'âme d'un dessinateur de mode à la fois progressiste et conservateur ; ce qui devait rester « dans le cercle étroit de la famille et de l'amitié véritable ».

    Docteure en histoire des universités Paris 8 et de Neuchâtel, Audrey Millet est styliste modéliste de formation. Elle enseigne l'histoire moderne et contemporaine à l'université Paris-Diderot.

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