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  • En 2012, au moment de recevoir le Prix Adorno, Judith Butler se demande s'il est possible de vivre une bonne vie dans une mauvaise vie. Que peut donc signifier mener une vie bonne, une vie vraie quand la plupart sont exposés dans leur chair à la vulnérabilité d'une mauvaise vie ? Comment penser la résistance de la vraie vie à la fausse ? Cette ancienne question de la philosophie morale prend un sens neuf si on la pose dans les conditions concrètes de nos existences.

  • Dans cet ouvrage majeur publié en 1990 aux États-Unis, la philosophe Judith Butler invite à penser le trouble qui perturbe le genre pour définir une politique féministe sans le fondement d'une identité stable. Ce livre désormais classique est au principe de la théorie et de la politique queer : non pas solidifier la communauté d'une contre-culture, mais bousculer l'hétérosexualité obligatoire en la dénaturalisant. Il ne s'agit pas d'inversion, mais de subversion. Judith Butler localise les failles qui témoignent, à la marge, du dérèglement plus général de ce régime de pouvoir. En même temps, elle questionne les injonctions normatives qui constituent les sujets sexuels. Jamais nous ne parvenons à nous conformer tout à fait aux normes : entre genre et sexualité, il y a toujours du jeu. Le pouvoir ne se contente pas de réprimer ; il ouvre en retour, dans ce jeu performatif, la possibilité d'inventer de nouvelles formations du sujet. La philosophe relit Foucault, Freud, Lacan et Lévi-Strauss, mais aussi Beauvoir, Irigaray, Kristeva et Wittig, afin de penser, avec et contre eux, sexe, genre et sexualité - nos désirs et nos plaisirs. Pour jeter le trouble dans la pensée, Judith Butler donne à voir le trouble qui est déjà dans nos vies

  • L'actualité politique récente a été marquée par le surgissement à l'échelle internationale de grands rassemblements populaires : Occupy, les Indignés, les printemps arabes... C'est l'occasion pour Judith Butler de s'interroger sur les dynamiques des manifestations publiques, sur leurs conditions et leurs implications politiques. Que signifie se rassembler ? Quelles sont les forces qui empêchent ou rendent possible une telle action plurielle ? Quelle est la nature dé­mocratique d'un tel mouvement ? Et son efficacité ? Pour répondre à ces questions, Judith Butler est amenée à redéfinir la théorie de la performativité. Elle montre comment celle-ci permet de comprendre autrement l'action concertée des corps. Quand des corps se rassemblent, ils sont dotés d'une expression politique qui ne se réduit pas aux revendications ou aux discours tenus par les acteurs. La mobilisation manifeste des corps à la fois qui luttent contre la précarité (notamment néolibérale) mais aussi qui utilisent cette précarité comme une force mobilisatrice et un point de départ pour l'action. En mettant en oeuvre une forme radicale de solidarité qui s'oppose aux forces économiques et politiques, une nouvelle signification de l'« espace public » et du « peuple » émerge alors, qui conduit à repenser les principaux concepts de la théorie et de l'action politiques. Judith Butler est philosophe, professeure à l'Université de Californie à Berkeley. Elle est notamment l'auteure de Trouble dans le genre (La Découverte, 2005), Ce qui fait une vie (Zones, 2010), et Vers la cohabitation (Fayard, 2013).

  • La Vie psychique du pouvoir explore le paradoxe, contenu dans le concept d'assujettissement, selon lequel le pouvoir est à la fois créateur et oppresseur du sujet. Cette contradiction est vécue psychiquement comme « attachement passionnel » du sujet à lui-même. La subjectivité est passionnément liée à sa subordination. Comment dès lors penser une quelconque dissidence ? Une réélaboration du concept d'identité sous ses aspects politiques, psychiques et sexuels permet de donner à cette question un tour inattendu.
    La Vie psychique du pouvoir constitue sans doute l'examen le plus magistral des rapports entre « sujet », « pouvoir » et « résistance » depuis Foucault et Althusser. Que l'auteur en soit une femme, américaine de surcroît, rend cet ouvrage encore plus remarquable.

  • Désormais reconnue pour ses travaux sur le genre (gender) et la sexuation, Judith Butler poursuit ici son questionnement en étudiant de très près l'Antigone de Sophocle. Faut-il continuer de réduire Antigone à ce que ses plus célèbres commentateurs en ont fait ? Tantôt une femme défendant les lois non écrites de la famille contre celles de l'État (Hegel), tantôt une fille se tenant à l'orée de l'ordre symbolique, choisissant le royaume de l'entre-deux-morts plutôt que la loi commune (Lacan) ? Son nom d'anti-gonè (contre la génération) ne désigne-t-il pas le trouble qu'elle jette, tant par ses paroles que par ses actes, dans l'ordre de la famille hétéronormée et dans la répartition des genres sexués ? Aujourd'hui où la parentalité se détache en partie de la famille traditionnelle, Antigone ne serait-elle pas en mesure de nous livrer quelques clefs de ce chamboulement ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Dispossession describes the condition of those who have lost land, citizenship, property, and a broader belonging to the world. This thought-provoking book seeks to elaborate our understanding of dispossession outside of the conventional logic of possession, a hallmark of capitalism, liberalism, and humanism. Can dispossession simultaneously characterize political responses and opposition to the disenfranchisement associated with unjust dispossession of land, economic and political power, and basic conditions for living?
    In the context of neoliberal expropriation of labor and livelihood, dispossession opens up a performative condition of being both affected by injustice and prompted to act. From the uprisings in the Middle East and North Africa to the anti-neoliberal gatherings at Puerta del Sol, Syntagma and Zucchotti Park, an alternative political and affective economy of bodies in public is being formed. Bodies on the street are precarious - exposed to police force, they are also standing for, and opposing, their dispossession. These bodies insist upon their collective standing, organize themselves without and against hierarchy, and refuse to become disposable: they demand regard. This book interrogates the agonistic and open-ended corporeality and conviviality of the crowd as it assembles in cities to protest political and economic dispossession through a performative dispossession of the sovereign subject and its propriety.

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