• Les Affinités électives (1809), récit de la maturité de Goethe, est l´un des chefs-d´oeuvre de la littérature allemande. Roman social offrant une peinture critique de l´aristocratie terrienne à l´aube du XIXème siècle, Les Affinités électives est en même temps un roman d´amour, décrivant avec un détachement scientifique les mystérieux phénomènes d´attirance et de répulsion qui se jouent entre les êtres comme dans la nature, mais aussi, et surtout, une oeuvre tragique et mélancolique, une histoire de passion et de mort, qui s´achemine vers un désastre programmé.
    Le détachement ironique du narrateur, les ambiguïtés du récit, la subtilité de la construction font de ce livre un des premiers grands romans modernes.

  • Son éditeur commande à Tucholsky une petite histoire d'amour, un livre léger. L'auteur s'apprête justement à partir en vacances en Suède accompagné d'une jolie jeune femme, Lydie, surnommée « La princesse ». Sur place, le couple loue un château, le château de Gripsholm. La bonne humeur et la joie de vivre vont régner sur leur séjour. Il fait beau, l'été est lumineux. La venue du meilleur ami de l'auteur n'est pas de nature à griser Lydie, pas plus que la visite de Billie, camarade de Lydie, ne trouble le narrateur. S'ensuit une triade aussi amoureuse que sensuelle.
    Cet hymne truculent à l'amour et à l'amitié peut servir de pause harmonieuse à tout un chacun. Il a le charme rare et subtil d'une récréation pour tous ses lecteurs. Best-seller en Allemagne dès sa publication en 1931, le succès de ce livre ne s'est jamais démenti. Condamné par les nazis à la gloire du bûcher, il a connu après la guerre un tirage à un million d'exemplaires. Kurt Tucholsky, né le 9 janvier 1890 à Berlin et mort le 21 décembre 1935 à Gteborg, fut un journaliste engagé collaborateur de l'hebdomadaire Die Weltbühne et écrivain allemand. Il s'est aussi distingué comme satiriste, auteur de cabaret, poète, parolier, romancier, critique littéraire (un des plus célèbres de son époque, le premier à commenter l'oeuvre de Kafka), critique de cinéma, et critique musical. Démocrate de gauche, profondément antimilitariste, il dénonce dans son oeuvre les tendances antidémocratiques de l'Allemagne de son époque et ses dérives nazies.

  • Juillet 1944, le temps d'une attaque aérienne sur une grande ville allemande. Dans cet univers d'horreur où luisent les derniers feux du fanatisme, subsistent malgré tout des preuves d'humanité : le lieutenant qui refuse une mission absurde ; le radio qui n'ose pas dire la vérité à une mère ; l'aviateur américain qui lance des bombes sur le cimetière pour ne faire mourir que des morts. Des hommes et des femmes qui, dans l'urgence de survivre, tentent de ne pas oublier qu'ils sont encore vivants. Né en 1921 à Leipzig, Gert Ledig est emporté comme tant d'autres jeunes Allemands dans les tourments de la guerre, en France puis devant Leningrad, où il combat avant d'être rapatrié à la suite d'une blessure. Son premier roman, les Orgues de Staline, paraît en 1955 et connaît un succès international. Suivent Sous les bombes ? bien plus qu'un roman de guerre, l'un des premiers témoignages littéraires sur la souffrance allemande, salué par W. G. Sebald ? et Après-guerre.

  • La publication de ce texte, fruit de la découverte fortuite d'une copie authentique du manuscrit, date de 1910/1911 seulement. Il s'agit de la première mouture des Années d'apprentissage de Wilhelm Meister. Les similitudes (personnages, situations...) sont fortes entre les deux versions. Mais La Vocation est plus proche du monde du théâtre dont elle dessine un tableau coloré, évoquant le monde des actrices et des acteurs, ses intrigues, ses affaires parfois louches. Elle offre également un panorama des formes populaires que sont les spectacles de foire, les jeux de marionnettes, les improvisations. C'est un Goethe jeune qui s'exprime ici au moment où se constitue un répertoire national nourri de Shakespeare.
    On s'est interrogé sur les raisons pour lesquelles Goethe a interrompu prématurément son récit. C'est en fait l'enfermement du protagoniste dans l'imitation d'Hamlet, ce « procrastinateur mélancolique », et la confusion de la fiction et du réel qui rendent compte de l'inaboutissement d'un projet appelé à s'accomplir à la lumière d'une anthropologie renouvelée.

  • À travers les huit nouvelles publiées entre 1862 et 1881 et réunies dans ce volume, Storm apparaît comme le maître d'un genre narratif dans lequel l'Allemagne a affirmé sa suprématie. Organisé autour de motifs et d'intrigues d'une grande âpreté, l'univers stormien s'y révèle dans toute sa profondeur. Les personnages, ballottés au gré d'événements qu'ils ne maîtrisent pas, se heurtent aux préjugés, aux contraintes de la société, à des obstacles imprévus ou insidieux. La révolte toutefois n'est pas leur fait. Face à l'inexorable écoulement du temps, ils optent le plus souvent pour une résignation douce-amère. Plus que tout autre écrivain de son temps, Storm incarne très tôt l'« inquiétante étrangeté » (das Unheimliche) freudienne, consubstantielle à sa perception du monde.

  • Si la fécondité du dialogue franco-allemand n'est plus à prouver, il semblerait que la littérature allemande pour la jeunesse demeure relativement peu connue, voire méconnue en France. Tel n'a pas toujours été le cas : au XIXe siècle, les écrivains allemands font figure de modèles, ils sont traduits, imités et une certaine comtesse de Ségur en fait l'éloge auprès de son éditeur.
    Cette Histoire de la littérature allemande pour la jeunesse propose une synthèse chronologique qui, des origines aux années 2000, indique les principales tendances, les évolutions, les auteurs et les livres de référence qui ont accompagné des générations de jeunes lecteurs. Introduction à plusieurs siècles de littérature, cet ouvrage est une invitation à la découverte et à la lecture pour tous les amateurs d'histoire, de livres et de culture d'enfance.

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