• Edition enrichie de Thierry Laget comportant une préface et un dossier sur le roman.

    C'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise. C'est, aussi, l'histoire du roman français. Rien, dans ce tableau, n'avait de quoi choquer la société du Second Empire. Mais, inexorable comme une tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie, le livre s'était donné une arme redoutable : le style. Pour ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle.
    Aucun roman n'est innocent : celui-là moins qu'un autre. Lire Madame Bovary, au XXIe siècle, c'est affronter le scandale que représente une oeuvre aussi sincère qu'impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne : c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise.

  • À l'occasion des deux cents ans de la naissance de l'auteur de Madame Bovary, Thierry Dussard nous livre un récit original sur un voyage en Bretagne méconnu du jeune " Gust ".
    Avec ses 25 ans pour tout bagage, et son ami Maxime Du Camp comme compagnon de voyage, le jeune Normand Gustave Flaubert fait, en 1847, le tour de la Bretagne à pied. Les deux compères parcourent une région fière et sauvage, encore ignorée par le chemin de fer et l'école. Ils s'aventurent à travers champs, s'embarquent pour Belle-Île, découvrent le bagne à Brest, la manufacture de tabacs à Morlaix, et la tombe de Chateaubriand à Saint-Malo. De ce périple, ils tireront un livre méconnu,
    Par les champs et par les grèves, où l'on sent déjà toute l'ironie et les fulgurances du futur écrivain. Du brut de Flaubert, qui pétille tel un cidre breton - ou normand, on ne sait de quel tonneau.
    Parti sur les pas de Flaubert, Thierry Dussard confronte la Bretagne d'hier à celle d'aujourd'hui, évoque ses lectures et ses voyages, en prenant " Gust " par le col au passage, pour faire sortir de sa tanière l'ours qui avait voué sa vie entière à l'écriture. Son récit est un élixir de littérature buissonnière.

  • Edition enrichie de Albert Thibaudet comportant une préface et un dossier sur le roman.

    "L'Histoire d'un coeur simple / est tout bonnement le récit d'une vie obscure, / celle d'une pauvre fille de campagne, / dévote mais pas mystique, dévouée / sans exaltation et tendre comme du pain frais. / Elle aime successivement un homme, / les enfants de sa maîtresse, un neveu, / un vieillard qu'elle soigne, / puis son perroquet [...]. / Cela n'est nullement ironique comme / vous le supposez, mais au contraire / très sérieux et très triste. / Je veux apitoyer, faire pleurer / les âmes sensibles / - en étant une moi-même."

    Flaubert, Lettre à Edma Roger des Genettes,19 juin 1876

  • Le roman réaliste est le roman-feuilleton de la société démocratique engendrée par la Révolution française. Lui-même genre démocratique, il fait entendre le pluralisme des discours libéraux, socialistes, chrétiens, monarchistes... Cette prose est politique : elle ne représente pas le réel, elle questionne les discours de son temps sur le réel. À travers le destin des personnages, depuis le jeune homme cherchant sa place jusqu'aux comparses figurant les invisibles de la société, la fiction réaliste pointe les pathologies d'une démocratie qui n'arrive pas à faire cohabiter la liberté, l'égalité et la fraternité. Balzac, Stendhal, Flaubert, Hugo, Zola portent ces interrogations dans des récits qui débordent leurs opinions d'individus en une pensée romanesque qui résonne fortement aujourd'hui.

    Philippe Hamon est professeur émérite et ancien vice-président d'Université de Paris III; Il est spécialiste de la théorie littéraire et auteur d'essais sur la poétique du récit, sur l'esthétique, la stylistique et le contexte culturel et inter-sémiotique de l'écriture réaliste et naturaliste au dix-neuvième siècle. Ses articles sur la description, le personnage, le réalisme ("un discours contraint") ont marqué les études littéraires, tout comme ses livres (Texte et idéologie).

  • Pourquoi le style change-t-il?? Pourquoi les écrivains changent-ils de style??Ces questions ne se confondent pas avec leur possible variante : pourquoi Flaubert, Barrès, Blanchot, Duras et tant d'autres ont-ils changé de style?? Celle-ci appelle des réponses émiettées, qui se réduisent à des séries de cas particuliers : certains auteurs ne changent guère de plume, et leurs pratiques restent stables?; certains connaissent des périodes, et l'évolution de leurs pratiques correspond à une bascule dans leur oeuvre.Mais le fait est qu'on n'écrivait pas de la même façon en 1850 et en 1900, en 1950 et en 2000. On n'écrivait même pas de la même façon en 1860 et en 1880, en 1940 et en 1960Ce livre confronte les réponses qui ont parfois été apportées à la question du changement stylistique?; il en propose d'autres : des réponses internes ou externes, esthétiques ou sociales. Il articule l'usure des formes et le changement des sensibilités, en prenant appui sur quelques faits d'évolution à terme long (un siècle) ou à terme bref (dix ans) et sur de nombreux exemples empruntés à la littérature de langue française depuis la seconde moitié du XIXe siècle.Gilles Philippe est professeur à l'Université de Lausanne. Il est notamment l'auteur de Sujet, verbe, complément. Le moment grammatical de la littérature française (2002)?; Le Français, dernière des langues. Un procès littéraire (2010)?; Le Rêve du style parfait (2013) et French Style. L'accent français de la prose anglaise (2016). Il contribue régulièrement à la Bibliothèque de la Pléiade des éditions Gallimard.

    Gilles Philippe est professeur a l'Universite de Lausanne. Ses travaux portent sur l'histoire des formes stylistiques et des imaginaires langagiers. Il a codirigé un ouvrage salué par la critique : La langue littéraire. Une histoire de la prose en France de Gustave Flaubert à Claude Simon (Fayard, 2009). Aux Impressions nouvelles, il a déjà publié French style. L'accent français de la prose anglaise. Il contribue regulierement a la Bibliotheque de la Pleiade des editions Gallimard.

  • C'est l'histoire d'une actrice qui a toujours témoigné d'un goût prononcé pour le désastre et la catastrophe. Pour les héroïnes qu'elle incarne, cette catastrophe emprunte plusieurs noms : mari, enfant, France, amour, famille, réalité. Leurs moyens d'y répondre s'appellent masochisme, rêve, travail, perversion, poison, sévérité, humour, absence, folie.
    Violette Nozière, Madame Bovary, La Pianiste ou encore Elle : à travers ses plus grands rôles, Isabelle Huppert n'a cessé de livrer une bataille fictionnelle aux versions étriquées de la vie et de la féminité pour leur préférer la quête d'un idéal impossible, l'élan tragique et une forme salvatrice de monstruosité. À l'image d'un bonheur trop conventionnel, elle a toujours su opposer ce que l'on a appelé sa « plénitude malheureuse ».

    Murielle Joudet est critique de cinéma. Isabelle Huppert. Vivre ne nous regarde pas est son premier livre.

    Murielle Joudet est critique de cinéma. Elle écrit pour Le Monde, Chronic'art, participe régulièrement à l'émission La Dispute sur France Culture et présente des entretiens sur le cinéma pour le site http://hors-serie.net.

  • 200 répliques célèbres pour avoir de la repartie en toutes circonstances !
    "Tout ce qui peut être fait un autre jour, le peut être aujourd'hui", a dit Montaigne, "Vouloir être de son temps, c'est déjà être dépassé", a affirmé Eugène Ionesco.
    Ce petit livre recense 200 répliques qui vous permettront d'émailler vos conversations de brillantes citations empruntées aux plus grands génies ! Pour avoir toujours le dernier mot !

  • Ce volume propose un panorama aussi complet que possible du rapport de Barthes au XIXe siècle : à sa littérature principalement, à sa musique aussi, à sa philosophie (Nietzsche) parfois à son histoire et à ses historiens, à commencer par Michelet. Si, dans le titre, le pluriel s'est imposé, c'est parce que ces rapports furent multiples. Tout au long de sa carrière de critique, Roland Barthes a pu changer d'interprétation globale sur le XIXe siècle. Siècle amical pour lui lors de l'adolescence, plutôt mal vu au temps de la « nouvelle critique » structuraliste, il rentre en grâce à partir de S/Z et des Fragments du discours amoureux, et plus encore dans les derniers séminaires sous les auspices du romantisme allemand.

    José Luiz Diaz est professeur de littérature française. Maître de conférences à l'UFR sciences des textes et documents de l'Université Denis Diderot-Paris VII. Secrétaire général et responsable des colloques de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes.

    Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure et de l'Institut d'études politiques de Paris, Mathilde Labbé est Docteure en littérature française. Elle est Maîtresse de conférences à l'université de Nantes.

  • La littérature assure un rôle essentiel dans la constitution d'une pensée critique de la culture matérielle de l'âge industriel. Avant les sciences sociales et la philosophie, les textes littéraires, à partir des années 1830, problématisent les mutations d'une culture matérielle en expansion et l'ébranlement que celle-ci provoque dans l'ordre des catégories existentielles et esthétiques.
    Comment la littérature pense les objets présente l'avènement au XIXe siècle d'une véritable culture des objets et la redéfinition majeure des fonctions et des champs d'action de la littérature et des arts qui en découle. En observant les objets sous toutes leurs coutures (sociologique, esthétique, ontologique) le livre pose les bases d'une théorie générale et actuelle des objets, instituée par la fiction.

    Marta Caraion est professeure de littérature française à l'Université de Lausanne où elle dirige un projet de recherche sur les rapports entre littérature et culture matérielle du XIXe au XXIe siècle. Elle a dirigé le volume collectif Usages de l'objet. Littérature, histoire, arts et techniques, XIXe-XXe siècles (Champ Vallon, 2014) et publié Pour fixer la trace. Photographie, littérature et voyage au milieu du XIXe siècle (Droz, 2003).

  • « Quand j'avais dix ans, je rêvais déjà la gloire - et j'ai composé dès que j'ai su écrire, je me suis peint tout exprès pour moi de ravissants tableaux - Je songeais à une salle pleine de lumière et d'or, à des mains qui battent, à des cris, à des couronnes. On appelle l'auteur - l'auteur - l'auteur c'est bien moi, c'est mon nom - moi-moi - on me cherche dans les corridors, dans les loges - on se penche pour me voir - la toile se lève, je m'avance - quel enivrement ! on te regarde, on t'admire, on t'envie - on est près de t'aimer de t'avoir vu - »
    Gustave Flaubert

  • "Gaston est un très grand prématuré. À sa naissance, il a été séparé de son jumeau. Dans le service néonatal de l'hôpital de Rouen dont l'entrée est gardée par la statue de Gustave Flaubert, il lutte pour respirer. Gaston, c'est mon fils. Gustave est le "patron" des écrivains. Il refusa d'être père pour écrire Madame Bovary et L'Éducation sentimentale. Il y a des moments où l'on aimerait se débarrasser de la littérature parce qu'elle ne console jamais des catastrophes. Et pourtant, à la naissance de Gaston, la statue de Flaubert s'est avancée vers moi. Gaston et Gustave se sont retrouvés unis dans la tempête et le naufrage, peau contre peau. Je n'ai pas eu d'autre choix que d'écrire ce livre. J'avais quitté le monde des vivants pour celui des limbes où je réchauffais mes deux fils." Olivier Frébourg.

  • Cet ouvrage s'intéresse à un phénomène capital, quoique méconnu, de l'histoire littéraire du XIXe siècle : la lecture à haute voix en petit comité. De Lamartine à Gide en passant par Stendhal, Hugo, Flaubert, Rimbaud et Mallarmé, tous les écrivains ont essayé leurs oeuvres devant un petit parterre d'amis et de confrères. Maillon oublié de la chaîne du livre, cette phase test est une étape importante, voire déterminante, dans le processus de création littéraire. Un tableau de Théo van Rysselberghe intitulé Une Lecture (1903) forme le point de départ de l'enquête. Pourquoi lit-on ? Que lit-on ? Pour qui lit-on ? L'auteur s'efforce de répondre à toutes ces questions en puisant dans une documentation variée (correspondances, journaux intimes souvenirs littéraires, articles périodiques, etc.). Érudit, l'ouvrage n'a pourtant rien d'académique. Il se présente sous la forme de 80 petits chapitres qui sont autant de pièces du puzzle de la lecture. Une fois n'est pas coutume, l'auteur raconte son enquête en même temps qu'il la mène. Chapitre après chapitre, le lecteur partage ses tâtonnements, ses découvertes, ses échecs - sa satisfaction enfin, quand le phénomène de la lecture littéraire en petit comité est redevenu visible.

    Maître de conférences à l'Université de Paris Ouest, Vincent Laisney est un spécialiste du romantisme français et des sociabilités littéraires au XIXe siècle. Il est l'auteur de trois ouvrages : L'Arsenal romantique (Champion, 2002), L'Âge des cénacles (Fayard, 2013) et Sept Génies (Les Impressions Nouvelles, 2014).

  • Renouvelant profondément la présentation de la conscience, Gustave Flaubert et Henry James ont ouvert au roman des régions jusqu'alors inconnues, et donné à ce genre au xxe siècle la mesure de sa tâche et de son exigence. Le jugement moral sur les personnages s'atténue ou se suspend, au bénéfice d'une description aussi fine qu'ambiguë. Et cette descente dans les abîmes intérieurs délaisse désormais la trop nette articulation du monologue intérieur (étudié dans La Conscience au grand jour) pour une approche plus subtile, notamment grâce au style indirect libre, dans une parole à mi-voix.
    Comment les mouvements et les glissements de la conscience en viennent-ils à prendre une force dramatique plus intense que les événements même du monde ? Pourquoi son « intime aventure » occupe-t-elle à présent le centre ? En quoi ce qui faillit seulement avoir lieu peut-il avoir autant d'effet que ce qui se produisit ? Par quels modes du style le secret peut-il être suggéré comme tel, avec tout le non-dit qu'il suscite ? Pourquoi la vie quotidienne se fait-elle ce qu'il y a de plus lourd d'un sens inépuisable ? Et quel jour neuf se lève-t-il alors sur notre relation aux choses et aux lieux, comme sur les rapports de force qui ordonnent nos multiples liens avec les autres consciences, noeuds de notre identité ? Comment montrer avec rigueur le règne en nous du faux, de l'illusion, du clair-obscur ?
    Ce volume présente les conclusions du diptyque sur la vision que le roman des deux derniers siècles a prise de l'humaine conscience dans toutes les nuances de sa fragilité.

  • En 1857, au terme de plusieurs années de labeur, Flaubert fait paraître Madame Bovary. Aussitôt c'est le scandale : l'histoire d'Emma - cette fille de paysans qui, pour fuir la médiocrité de son époux et la routine provinciale, se réfugie dans ses lectures puis dans l'adultère - choque la censure. Flaubert est poursuivi pour outrage aux moeurs et à la religion ; on lui reproche ses « tableaux lascifs », ses « images voluptueuses mêlées aux choses sacrées ». Le succès, immense, est à la mesure du tapage judiciaire. Mais cette oeuvre est bien plus qu'un roman sulfureux, car elle ébranle les fondements mêmes du genre romanesque.

    ©Flammarion, Paris, 1986, 2006 et 2014.

  • Les Historiettes de Tallemant des Réaux ne sont pas seulement un document essentiel sur la première moitié du XVIIe siècle, elles constituent l'un des monuments littéraires les plus méconnus, et les plus plaisants à lire, de leur époque. Ce petit livre est tout d'abord un hommage à leur auteur et à cette forme littéraire des plus répandues et souvent négligées : l'anecdote. On découvre en outre à lire Tallemant que les Historiettes trouvent, par les hasards de la littérature ou des influences, de mystérieuses correspondances avec des oeuvres à venir. Ainsi, apparaissent à y regarder de près des échos troublants de Tallemant chez Melville, Flaubert, Maupassant, Proust, Quignard ou Stephen King. Après Des bibliothèques pleines de fantômes et le plaisir à posséder des milliers de livres, c'est au bonheur de se promener parmi leurs pages que nous invite Jacques Bonnet.

  • Argile chaude

    Max Obione

    Les affres d'un écrivain célèbre en panne d'inspiration privé de plaisir sodomite...

  • Monsieur Bovary

    Max Obione

    Econduit par sa maîtresse, Marcel décroche son fusil et s'en va chasser les femelles qui lui ont pourri la vie... Du bovarysme au masculin ?

  • Figures 1

    Gérard Genette

    Figures I rassemble dix-huit études et notes critiques écrites entre 1959 et 1965. A travers des sujets aussi divers que Proust et Robbe-Grillet, Borges et L'Astrée, Flaubert et Valéry, le structuralisme moderne et la poétique baroque, mais liées ici par un réseau continu d'implications réciproques, une question, constamment, reste posée : elle porte sur la nature et l'usage de cette étrange parole réservée (tout à la fois offerte et retenue, donnée et refusée) qu'est la littérature. La rhétorique classique, dont l'interrogation n'est pas encore refermée, voyait dans l'emploi des figures, c'est-à-dire d'un langage qui se dédouble pour cerner un espace et marquer sa distance, un des traits spécifiques de la fonction que nous appelons aujourd'hui littéraire. La littérarité de la littérature serait ainsi obscurément liée à cet espace intérieur où se trouble, et par là même se révèle, la littéralité du langage, à ce mince intervalle variable, parfois imperceptible, mais toujours actif, qui se creuse entre une forme et un sens, ouvert à un autre sens qu'il appelle sans le nommer. Mais la littérature tout entière - lettres, lignes, pages, volumes - ne dessine-t-elle pas comme une immense figure, toujours parfaite, jamais achevée, dont le texte immédiat parlerait, interrogativement, pour une signification plus distance - plus que distante - et n'offrant à déchiffrer, comme une trace sur le sol, que l'évidence de son retrait ?

  • « Contrairement au sens ordinaire du terme Improvisations sur Flaubert n'est pas improvisé et rien n'y est laissé au hasard ; l'improvisation ici est toute musicale. Suivant de volume en volume l'oeuvre de Flaubert, Butor décèle en elle des souvenirs de La Tentation de saint Antoine qui n'aurait cessé de s'y développer en rhizome. La critique constitue donc une sorte de récit second (le livre de Butor) qui fait apparaître dans le récit premier (l'oeuvre de Flaubert) par la voie d'un rapprochement de citations, une constitution implicite. Il n'est pas nécessaire d'avoir recours à quelque système extérieur pour activer le sens du texte, il suffit de le superposer à lui-même. Ce que met en lumière le livre de Michel Butor c'est la stratégie de Flaubert pour rendre supportable un discours subversif. Et ce romancier tenu pour le maître de l'art pour l'art, et pour le rêveur du "livre sur rien" apparaît comme tendant à ses contemporains, autant dans Salammbô que dans L'Éducation, non quelque chef-d'oeuvre formel mais un miroir révélateur et critique de leur mode de penser. »
    Jean Roudaut
    Improvisations sur Flaubert s'inscrit dans une série de six volumes consacrés à une forme inédite de critique littéraire mettant en avant la liberté d'interprétation de la lecture. Liberté d'autant plus remarquable que les oeuvres étudiées sont notoires : Flaubert, Rimbaud, Balzac. Et Butor lui-même en « autre ». Tous ces livres ont la particularité d'être issus de cours dispensés à l'Université de Genève, enregistrés, transcrits puis entièrement réécrits

  • Salomé(s) ; anatomie comparée des Salomés Nouv.

    Si la très jeune danseuse contorsionniste hante l'art et la peinture, depuis les descriptions priapiques d'Augustin ou de Jean Chrysostome, c'est au coeur du xixe siècle que Salomé entre de plein pied et en grande pompe dans la littérature, avec l'Hérodias de Flaubert, suivi par Huysmans, avant qu'à son tour Jules Laforgue s'en mêle et qu'Apollinaire, enfin, ferme le bal au début du nouveau siècle. Sont rassemblées ici quatre Salomé, auxquelles s'ajoutent deux notes de Gustave Moreau sur ces propres tableaux, qui laisse voir le mythe entier d'une fillette aux prises avec le pouvoir et la cruauté, et un cahier d'images en couleurs qui va de la Salomé en mosaïque de Venise aux Mangas. Préface de Patricia Farazzi.

    C'est Gustave Flaubert qui, en France, ouvre le bal des Salomés avec son Hérodias en 1877, presque en même temps que les Salomés de Gustave Moreau qui en donne les descriptions dans ses carnets (1876), avant que ne s'y collent Huysmans à la fois dans ses critiques d'art et dans A rebours (1884) ou Jules Lafforgue (1877). Apollinaire ferme le bal en 1902 avec une Salomé mourante, dont la tête flotte sur un lac gelé de Nicopolis du Pont, où elle fut reine d'Arménie mineure.

empty