Seguier éditions

  • " L'un des textes les plus justes jamais écrits sur le réalisateur américain. " - Le Monde, Samuel Blumenfeld, 02/07/2016
    Le réalisateur culte, le reclus le plus célèbre et secret du 7e art, l'autodidacte de génie : rarement réalisateur se sera autant dérobé derrière sa légende que Stanley Kubrick. Manquait donc un portrait à hauteur d'homme, réalisé par l'un des rares privilégiés ayant appartenu au cercle très fermé des proches de l'artiste : Michael Herr, qui fut son ami, confident et collaborateur pendant près de vingt ans, était sans doute l'un des seuls à pouvoir s'acquitter de cette tâche délicate. Revenant sur près de cinquante ans de carrière, de polémiques et de malentendus - jusqu'à la controverse qui entoura l'ultime chef-d'oeuvre de Kubrick, Eyes Wide Shut -, mêlant souvenirs, anecdotes et analyses, Herr livre une biographie sensible du cinéaste tel qu'il l'a côtoyé.
    Reporter, écrivain et scénariste américain, Michael Herr (1940-2016) est l'auteur du best-seller Dispatches (1977), récit halluciné de son expérience de correspondant de guerre au Vietnam, qui fit de lui l'une des grandes figures du journalisme " gonzo ", à l'égal de Tom Wolfe, Hunter S. Thompson ou Truman Capote. Herr rencontra Stanley Kubrick en 1980 et cosigna avec lui le scénario de Full Metal Jacket. Il travailla aussi avec Francis F. Coppola, notamment sur Apocalypse Now, dont il écrivit la mythique narration en voix off.

  • Une histoire vraie à la Little Big ManÀ l'horizon de la grande plaine texane, un nuage de poussière se forme. Bientôt, c'est une bande d'Apaches qui surgit et kidnappe Herman Lehmann, dix ans, fils de pionniers allemands arrivés en Amérique au milieu du XIXe siècle. Commence alors pour lui une nouvelle existence, celle d'un Peau-Rouge des étendues de l'Ouest. Il découvre peu à peu la culture et les traditions des Indiens, se joint à leurs razzias et combat à leurs côtés contre l'homme blanc et les tribus adverses. Après neuf années, Herman est ramené à sa famille contre son gré. Ce retour forcé parmi ceux qu'il appelle les visages pâles ne se fera pas sans difficulté. Publié aux États-Unis en 1927, Neuf ans parmi les Indiens est un classique de la littérature western et des études ethnologiques sur la culture amérindienne, une histoire vraie à la Little Big Man, aujourd'hui traduite en français pour la première fois. Lehmann y évoque dans une langue crue, frontale et dénuée de tout romantisme l'existence âpre et violente des tribus amérindiennes au crépuscule de leur règne sur le continent américain. Toute sa vie, il restera fidèle aux traditions de son peuple d'adoption, et c'est finalement cet écartèlement entre les deux cultures qui fait toute la force et la valeur de son témoignage : jusqu'au bout, il sera incapable de choisir un camp, ce qui lui permet, sûrement, d'approcher la vérité.

  • " Peut-être bien le meilleur livre jamais écrit sur Hollywood. " (The New York Times Book Review)S'il fallait décerner un prix d'élégance aux acteurs, alors David Niven recueillerait tous les suffrages. Rarement le complet rayé et le trait de moustache auront été si bien portés à Hollywood, et l'on ne s'étonnera pas que Ian Fleming pût l'imaginer dans le rôle de James Bond. Est-il annoncé au casting d'un film qu'on s'attend à le voir dîner en chemise à plastron, noeud papillon et slippers aux pieds ; avec lui, on pressent surtout les dialogues ironiques et toute la panoplie de l'humour " so british " - ce tranchant de l'intelligence. Mais avant la célébrité, Niven aura connu une véritable vie d'aventures. Renvoyé pour indiscipline de plusieurs écoles britanniques, insolent à l'armée, mis aux arrêts pour insubordination, il se gagne la sympathie du geôlier en partageant une bouteille de whisky puis s'échappe par la fenêtre. On le retrouve quelques mois plus tard aux États-Unis, versé dans le plagiat littéraire, le commerce de spiritueux, la danse professionnelle et même la course de poneys, avant que le destin se ressaisisse et le pousse vers les caméras des grands studios. Ainsi débute une carrière de près de cent films avec, très vite, des rôles principaux. Niven révèle surtout une disposition pour les comédies romantiques où sa souriante désinvolture fait merveille ; il rencontre ensuite le succès international, d'abord grâce à son rôle de Phileas Fogg dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Michael Anderson (1956), puis avec Les Canons de Navarone (1961) de John Lee Thompson et Les Cinquante-Cinq Jours de Pékin (1963) de Nicholas Ray. Parus et traduits en deux volumes dans les années 1970, introuvables en français depuis, ses souvenirs sont ici republiés pour la première fois. Tout refroidit vite, la gloire d'un acteur en particulier. Mais que l'on se rassure dans les librairies : peu de choses sont aussi vivantes qu'une page écrite par David Niven.
    " Peut-être bien le meilleur livre jamais écrit sur Hollywood. " -; The New York Times Book Review
    " Désopilant. " -; The Dailymail
    " Une lecture hilarante. " -; The Sunday Telegraph

  • Une plongée dans la contre-culture des années 1970 et 1980, sur les traces de l'un de leurs personnages les plus emblématiques." C'est l'histoire d'un homme qui a passé plus de temps à se cacher qu'à se montrer. Orchestrant soigneusement ses retraites comme ses retours, il a visé la présence par l'éclipse, la postérité par l'absence, la reconnaissance par l'oubli. " Cet homme, c'est Yves Adrien, dandy, rock critic, écrivain visionnaire et esthète inclassable qui aura marqué la vie parisienne des années 1970-1980. Avec ses articles incandescents, il a initié la France au punk, à la new wave et à la techno, contribué à l'émergence de la génération des " jeunes gens mdernes " (Étienne Daho, Lio, Marquis de Sade, Daniel Darc...). Avant de s'évaporer. Puis de reparaître. Puis de s'évanouir de nouveau. Jusqu'à prétendre être mort. Ou devenu un fantôme. Alors quand un étrange personnage du nom d'Ott vient proposer au journaliste Marc Sandre de lui consacrer un livre pour dissiper le mystère, celui-ci n'hésite pas longtemps.
    Cedric Bru signe ici un texte où la biographie de l'écrivain culte est savamment mélangée à une fiction tout imprégnée du style inimitable d'Yves Adrien. Cedric Bru vit à Paris. Il est journaliste et critique littéraire. Il a travaillé, entre autres, pour Rock & Folk, et anime depuis 2005 le site Les Obsédés Textuels.

  • " On vient de me faire une offre d'un million de dollars pour la publication d' un seul mois de ce journal. " - Richard Burton, 29 octobre 1968
    " On vient de me faire une offre d'un million de dollars pour la publication d'un seul mois de ce journal ", écrit avec étonnement Richard Burton en 1968. L'acteur est alors un des monstres sacrés du 7e art et forme un couple mythique et scandaleux avec Elizabeth Taylor. Cette relation passionnée, leur train de vie babylonien, leur beauté, leurs excès et leurs succès : le journal intime de Burton nous y plonge " caméra à l'épaule ", comme si nous y étions. Mais il révèle aussi un homme insoupçonné, infiniment plus complexe que le commun des acteurs hollywoodiens. Sceptique et distant à l'égard du cinéma, il se montre en revanche fou de théâtre et de littérature. Doté d'un sens de l'humour irrésistible et d'une grande faculté d'observation, Richard Burton possédait les qualités rares et indispensables du diariste - pour notre plus grand bonheur.
    " Ce journal est, en un mot, fascinant. " - The Washington Times
    " Burton raconte sa vie à la manière d'un drame poignant où "demain est toujours une surprise'. Il en vient à nous manquer chaque fois que l'on pose le livre. Sa voix est de celles qui vous poursuivent longtemps. " - The Daily Telegraph
    " Il émerge de la lecture de ces carnets un Richard Burton comme même ses plus grands fans n'auraient jamais osé le rêvé. Il s'y montre si sensible, intelligent, profondément cultivé et éclairé qu'on se prendrait presque à se dire qu'on aurait aimé l'avoir à dîner. " - The Wall Street Journal
    " Ces écrits révèlent un homme porté à la réflexion et attentionné, engagé dans une approche intellectuelle du monde qui l'entoure. On est bien au-delà de la simple image du coureur de jupons avec un penchant pour la boisson [...]. Ses carnets témoignent d'un intérêt profond pour le passé, le présent et l'avenir. " - The Times
    " Un livre indispensable. " - The Financial Times
    " Un aperçu réjouissant de la vie de l'acteur, qui ne cherche pas à cacher ses aspérités. " - The Los Angeles Times
    " Même à notre époque où il semblerait que nous soyons menacés d'une overdose d'informations sur les célébrités, il y a dans ces pages quelque chose d'absolument fascinant. " - NBC Today
    Acclamé comme l'un des acteurs les plus marquants de sa génération, Richard Burton (1925-1984) eut le tort, pour certains, de négliger sa carrière. Parce qu'au cinéma et à ses intrigues, il préféra les livres... et surtout sa liberté.

  • " Ce n'est pas seulement ma jeunesse que je relate ici, mais celle d'une génération en même temps qu'un fragment d'histoire contemporaine. [...] Si l'on veut comprendre la catastrophe de 1933, il faut connaître les événements des années 1918 et 1919 en Allemagne. "
    " Écrit le jour où l'on a brûlé mes livres en Allemagne " : c'est sur ces mots glaçants que s'ouvre Le Livre des hirondelles d'Ernst Toller. Dramaturge reconnu dans le monde entier, héros de la gauche révolutionnaire, Toller figure en vingt et unième position sur la liste des auteurs dont les nazis ont mis les oeuvres au bûcher en mai 1933. Comment en est-on arrivé là ? se demande-t-il en prologue de cet ouvrage. Pour mieux le comprendre, l'écrivain raconte la succession des événements qui ont conduit l'Allemagne à la déraison. Toller se souvient : de son enfance dans une famille juive de Prusse-Orientale, de la Grande Guerre, et surtout de l'échec fracassant de la République des conseils de Bavière, portée par une révolution qu'il rêvait pacifiste. Vinrent ensuite les années d'une longue détention où, telles ces hirondelles s'obstinant à bâtir leur nid dans sa cellule malgré l'hostilité des gardiens, il continua de rêver à une Europe réconciliée en écrivant des poèmes et des pièces de théâtre. Mais à quelques kilomètres de là, dans une autre prison, Adolf Hitler s'attelait à un autre genre de livre. D'une sincérité et d'une lucidité absolues, Le Livre des hirondelles ne choisit jamais entre la littérature et l'histoire : il n'en surprend que mieux les vérités de la condition humaine.
    Auteur d'une oeuvre littéraire traduite en vingt-sept langues, admiré de Thomas Mann et de Rilke, Ernst Toller (1893-1939) fut aussi, en Allemagne comme en Espagne, de tous les combats perdus : contre la guerre, le fascisme, la misère.
    " Toller se situe d'emblée et irrémédiablement dans le clan des perdants - c'est ce qui contribue, aujourd'hui, à lui donner tant de force. " - Le Monde

  • Muse de Saint-Laurent et Lagerfeld, décadent de génie, porte-étendard d'une époque" Chaque jour, Jacques de Bascher déjeune aux Deux Magots ou chez Lipp, toujours à la même table. Il retrouve dans ce minuscule triangle germanopratin l'ensemble de la faune qu'il recroisera le soir venu. Ses journées suivent un rituel immuable. Lorsqu'il rentre chez lui après le déjeuner, il fait une sieste puis se rend chez Carita, où Monsieur Guy, coiffeur de feu Gérard Philipe, se charge de sa nuque. Quand il ne prend pas soin de son apparence, il va au cinéma, fait du shopping, prend le thé chez une comtesse ou reçoit un amant. Vers dix-sept heures, il repart vers l'Odéon et s'installe au Dauphin, rue de Buci. Il y joue au flipper et y achète les substances nécessaires à la prochaine nuit. Puis il se rend chez Karl Lagerfeld avant de rentrer se préparer pour sa soirée et de filer vers le Flore, l'antichambre de la nuit, à quatre minutes de chez lui. "
    L'allure d'aristocrate, le goût très sûr et la beauté viscontienne de Jacques de Bascher feront de lui la muse de Karl Lagerfeld et l'amant terrible d'Yves Saint Laurent. Ce livre, fruit d'une enquête auprès de ceux qui l'ont côtoyé, admiré ou mal aimé,est une plongée dans les années 1970 et 1980, ces années folles qui consumèrent Paris et ses troupes, et dont il fut l'une des figures les plus singulières.
    Marie Ottavi est journaliste à Libération.

  • Les populistes à l'épreuve de la philosophie.
    Une idole affole le monde politique : le Peuple.
    De l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par les libéraux, tous les partis et leurs leaders se coiffent de cette idole. Or quel est ce Peuple dont les porte-parole veillent à ne jamais définir les contours ? Les pauvres, les classes moyennes, les provinciaux, les Français dits de souche, les diverses communautés culturelles, les martyrs de l'impôt ? Loin d'être une réalité identifiable, le Peuple n'est qu'un flatus vocis, un vent de bouche, que des blablateurs propulsent à pleins poumons du haut de leur podium pour ratisser large en période électorale ou pour mobiliser des suiveurs.
    Vide de contenu, la notion de peuple permet à n'importe quelle foule de s'en prétendre l'incarnation et d'aller exprimer ses frustrations, ses indignations, ses bouffées paranoïaques, sur les nouvelles agoras digitales appelées réseaux sociaux. Animée de la " décence ordinaire " que lui prêtent les intellectuels convertis à George Orwell, cette foule y poursuit de sa vindicte les migrants, les sionistes, les élus, les médias, les " sachants " et tous les coupables supposés de ses malheurs ; elle y dénonce, surtout, la tyrannie tentaculaire des " élites ". Or, là encore, les " élites " ainsi visées n'ont rien d'une aristocratie, mais forment une petite plèbe de nantis dont l'ignorance hautement diplômée égale l'inculture décomplexée des mal-lotis. De même que le mot " peuple ", l'expression " les élites " désigne un être social fantasmatique. Ce sont des éléments de langage dont on connaît la fonction : remplacer la précision par le simplisme et, ainsi, aggraver la servitude intellectuelle.
    " Ce pamphlet sera lu comme un manuel de résistance à la démagogie. "
    Frédéric Schiffter fut professeur de philosophie. Il est l'auteur d'une quinzaine d'essais salués par la critique, et le lauréat du prix Décembre 2010 pour Philosophie sentimentale (Flammarion) et du prix Rive gauche à Paris 2016 pour son récit autobiographique On ne meurt pas de chagrin (Flammarion). En 2020 est paru son premier roman : Jamais la même vague (Flammarion).

  • "Une version hongroise de Sur la route de Kerouac" - Emmanuel Carrère"Nous philosophions absurdement, et la vie autour de nous déferlait."
    Qui n'a jamais rêvé de tout plaquer pour prendre la route ? Lajos Kassák, lui, a plus d'une raison de se lancer dans l'aventure. Nous sommes en 1909, il a 22 ans et, partout en Europe, une effervescence artistique et révolutionnaire fait trembler l'ancien monde. Alors il décide de quitter Budapest pour rallier à pied l'épicentre de l'agitation : Paris. C'est le point de départ d'une odyssée picaresque et libertaire qui le mènera d'un bout à l'autre du continent. En chemin, il croisera la route de l'écrivain anarchiste Emil Szittya, avec qui il s'initiera aux raffinements et combines de la vie errante. Les tribulations des deux amis offrent une cascade de situations burlesques et de dialogues truculents dont l'humour -; souvent absurde -; se révèle d'une étonnante modernité. Ode assumée à l'oisiveté, Vagabondages est une pépite oubliée de la littérature hobo, à ranger d'urgence entre les deux Jack, le Kerouac de Sur la route et le London des Vagabonds du rail.
    Poète, peintre et théoricien hongrois d'avant-garde, Lajos Kassák (1887-1967) se revendiqua toute sa vie comme un artiste prolétaire. Proche des dadaïstes et des surréalistes, cet autodidacte fut aussi le mentor du photographe Robert Capa. Publié en 1927, Vagabondages paraît aujourd'hui pour la première fois en France.
    "[Kassák] raconte les vagabondages dans l'Europe d'avant la guerre de 1914 de deux types qui sont lui et Szittya, deux espèces de trimardeurs nietzschéens. C'est un peu comme une version hongroise de Sur la route de Kerouac."-; EMMANUEL CARRERE

  • La nuit du revolver

    David Carr

    Un reporter enquête sur le sujet le plus sombre : sa propre vie.
    Minnesota, début des années 1980. David Carr est un jeune journaliste brillant et prometteur. Mais tous les soirs, la nuit tombe et les masques avec : l'enfant terrible écume les bars, se bat, sniffe, s'injecte, fume, engloutit, vole et deale tous les poisons sur lesquels il fait main basse. Cette double vie va durer vingt ans - jusqu'à la chute, et un douloureux combat pour revenir de l'ombre à la lumière. Ou presque, car il n'en sort pas indemne : le crack laisse de longues balafres dans sa mémoire. Nombre de ses souvenirs ont glissé dans l'oubli, et son cerveau a réécrit les plus inavouables pour échapper aux remords...
    Comment affronter la vérité de ce terrible passé ? Pour l'ancien junkie, devenu grand reporter au New York Times, la solution s'impose : il va faire de sa propre vie son prochain sujet d'investigation. C'est le début d'une enquête de trois ans, au cours de laquelle il accumule plus de soixante témoignages de proches, policiers, médecins et officiers de justice. Son livre est le récit de cette histoire vraie : à la fois une chronique captivante sur les paradis artificiels, une immersion dans les eaux troubles du trafic de stupéfiants, et une recherche du temps perdu, aux confins de la mémoire et de la folie.
    " Journaliste de légende au parcours chaotique " selon Stéphane Lauer (correspondant du journal Le Monde à New York), David Carr (1956-2015) est une figure du journalisme d'investigation de ces quarante dernières années.
    " Une grande lecture " Time Magazine
    " Terrible et magnifique " Stephen King

  • Le " Gomorra " de la pègre marseillaise.
    Journaliste au Provençal dans les années 1960, le jeune Eugène Saccomano est le premier à se lancer dans l'écriture d'un livre sur la pègre marseillaise. Cependant, il ne s'agit pas pour lui d'habiller les voyous d'une couche de légende supplémentaire : la puissance et la lumière aveuglante du décor provençal et le goût pour les mythologies ont déjà trop servi le Milieu. Il cherche au contraire à raconter comment les gangsters règlent leurs comptes, leurs façons tranchantes, très éloignées d'un hypothétique code de l'honneur. " Le sang coule sous le soleil, mais il coule. "
    Saccomano enquête sur le proxénétisme " convivial " des bars à hôtesses comme sur les réseaux plus souterrains du trafic de stupéfiants, décrit les soubresauts de la vie politique locale qui, entre guerres municipales et combats syndicaux, ont tant profité aux Carbone, Spirito et Guérini. Et l'on constate avec lui combien l'histoire marseillaise s'entête à mêler le drôle au sordide, le fait divers au roman.
    Bandits à Marseille fut publié en 1968 chez Julliard et n'avait jamais été réédité depuis. Il rencontra pourtant un véritable succès dans les prisons françaises (" Le livre préféré des taulards ", affirmait alors son éditeur), mais aussi en librairie et au cinéma - le film Borsalino, avec Delon et Belmondo, en est partiellement adapté.
    Ce récit d'un genre précurseur ne fut pas sans danger pour son auteur : à sa parution, Saccomano reçut des menaces jugées assez sérieuses pour lui faire envisager un déménagement...
    " Une référence en matière de grand banditisme marseillais. " - Le Monde, 10/06/2008
    Eugène Saccomano (1936-2019) fut la voix radiophonique la plus célèbre du football français (RTL, Europe 1). Amoureux fou de littérature, il consacra plusieurs ouvrages à Céline et Giono.

  • L'histoire du " bal tragique " qui sonna le glas de la France des Sixties.
    Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1970, en Isère, 146 jeunes gens meurent brûlés vifs dans l'incendie du 5-7, un dancing où ils assistaient à un concert de rock. Tous, ou presque, avaient moins de vingt-cinq ans. Le groupe, sur scène, aura joué jusqu'au dernier instant - on découvrira les corps des musiciens au petit matin dans les décombres, figés sur leurs instruments.
    Ce drame connaît un retentissement mondial jusqu'à ce que la mort du général de Gaulle, huit jours plus tard, éteigne définitivement les cendres de l'incendie.
    Michel Mancielli, un jeune musicien qui devait se trouver au 5-7 ce soir-là, a réchappé de justesse à la catastrophe. Mais comment continuer à vivre avec la culpabilité lancinante du rescapé et les ombres des disparus ? Et puis il y a ce désir de justice, ou de vengeance, qui le prend aux tripes. D'autant qu'un peu partout dans le pays court cette rumeur selon laquelle le SAC, bras armé du gaullisme, serait impliqué dans l'incendie de discothèques ; la jeunesse et le rock se trouveraient dans le viseur du pouvoir.
    À partir d'un fait divers parmi les plus dramatiques de l'histoire récente, Jean-Pierre Montal imagine un roman tour à tour nerveux et mélancolique pour raconter cette France de l'après-1968 qui a vu se consumer, dans un même brasier, sa jeunesse et ses rêves de révolution.
    Né en 1971, Jean-Pierre Montal est éditeur et écrivain. Il est notamment l'auteur d'un roman paru en 2017 aux Éditions Pierre-Guillaume de Roux, Les Leçons du vertige, et, avec Jean-Christophe Napias, de 100 courts chefs-d'oeuvre (La Table ronde, 2018).

  • Charles Trenet et le scandale des " ballets bleus " de 1963 : le premier roman consacré à cet épisode noir de la vie du chanteur-star.
    " On est sans force contre la morale. "
    12 juillet 1963, Aix-en-Provence. Charles Trenet déjeune à la terrasse du restaurant où il a ses habitudes. Soudain, une altercation éclate avec un jeune homme et, quelques heures plus tard, le chanteur est arrêté puis jeté en prison. De quoi l'accuse-t-on ? D'" actes impudiques et contre-nature sur mineurs de moins de vingt et un ans ". Dès le lendemain, la rumeur enfle : Charles Trenet organiserait des parties fines, des " ballets bleus ". Une certaine presse en remplit ses colonnes en confondant, avec la volonté de les confondre, " pédérastes " et " pédophiles ". Parce qu'à cette époque, une loi héritée du gouvernement de Vichy considère qu'une personne homosexuelle ne saurait être capable d'un consentement éclairé avant vingt et un ans. Charles Trenet, d'un tempérament insoumis et éternellement juvénile, refuse de céder au chantage auquel il s'avère en réalité confronté. Mais dans la solitude de sa prison, l'artiste se livre à une incontournable introspection : est-il seulement victime de la morale ? ses élans et plaisirs ne seraient-ils pas coupables à force d'être minoritaires ? est-il un adulte raisonnable ? un fou chantant ?
    Dans ce récit imaginé à la première personne, Olivier Charneux accompagne un homme qui vacille et nous rappelle combien nos moeurs sont instables, nos lois parfois inadaptées et nos jugements souvent brutaux.
    Olivier Charneux est l'auteur de romans parus chez Stock, chez Grasset et au Seuil. Son dernier livre, Les guérir, a été publié en 2016 aux Éditions Robert Laffont.

  • " Archibald Rapoport mourra d'écrire. "" La vie dépasse toujours l'écriture, ai-je pensé, même si l'écriture la transcende et c'est alors que j'ai vraiment décidé de ne jamais écrire qu'au contact immédiat de la mort. "
    Un tueur fou suit le fil de ses angoisses métaphysiques en semant des cadavres sur son passage. Quatre policiers, deux magistrats, un avocat : tous assassinés de sang froid en l'espace d'une semaine. La terreur s'empare de la France. On suspecte un " gauchiste " s'attaquant aux signes du pouvoir. Le gouvernement convoque des réunions de crise, la police passe le pays au crible, mais l'enquête patine.
    Pourtant, le meurtrier se rend de lui-même à un commissariat. Archibald Rapoport est un révolutionnaire, un gangster, un Juif hanté par la Shoah, un (dés)agrégé de philosophie, un érotomane, un excentrique... Mais au fond, pourquoi est-il devenu un assassin ? Peut-être, tout simplement, par désir d'écrire... Écrire pour laisser une trace indélébile de son existence, écrire puis périr, afin " que le récit de sa vie pût être publié ".
    Un texte iconoclaste, d'une absolue liberté, un chef-d'oeuvre d'humour noir, dans lequel Pierre Goldman se jette au feu. Paru deux années avant la mort de son auteur, ce roman sulfureux était devenu introuvable. Quarante ans plus tard, il est temps de le relire pour ce qu'il est avant tout : un grand texte littéraire.
    Intellectuel engagé, héros et martyr pour certains, ennemi public et criminel pour d'autres, Pierre Goldman (1944-1979) reste, quarante ans après son assassinat, l'une des icônes les plus polémiques de la gauche française des années 1970. Il est par ailleurs l'auteur d'un ouvrage autobiographique, Souvenirs obscurs d'un Juif polonais né en France (Le Seuil, 1975).

  • Avec Un château pour Hollywood, Olivier Minne signe un roman saisisant sur le plus mythique hôtel d'Hollywood. Une ode passionnée au cinéma américain.
    " Abigail s'avançait le long du boulevard quand elle devina devant elle, comme découpées dans le noir, les formes à la fois franches et imaginaires d'un château. "
    Los Angeles, été 1958. Abigail Fairchild, ancienne directrice du Chateau Marmont, décide soudainement d'y reparaître après des années de retrait et de solitude. Un lieu hors du temps que cet hôtel baroque et licencieux, élégant et libertaire, construit à une époque où les abords de Sunset Boulevard étaient encore colonisés par les coyotes. Pourquoi Abigail, qui fut aussi une star du cinéma muet, revient-elle au Chateau ? Serait-elle poussée par un élan nostalgique ? Un désir de revanche ? Il est vrai que sa rencontre accidentelle avec le jeune Wayne Cornwall vient de lui redonner le goût d'une vie oubliée. Ce beau vagabond surgi des collines de Hollywood prend peu à peu une place essentielle dans son existence, de même qu'il se révèle plus complexe que son air réservé ne le laissait penser. Avertie de la cruauté de Hollywood, Abigail compte bien l'éduquer et le préparer aux nombreux dangers qui menacent. L'usine à rêves n'a rien d'une Arcadie et il arrive que les candidats au succès finissent au fond d'un bar ou d'un canyon...
    Un récit imprégné de cinéma, de musique et de Californie, où la fiction se mêle à des épisodes réels. Les prestigieux pensionnaires du Chateau défilent, de James Dean à Robert De Niro, de Duke Ellington à Jim Morrison, cherchant là une inspiration, une planque, une récréation... parfois au mépris de la loi.
    Olivier Minne vit entre Los Angeles et Paris ; il est animateur de télévision, journaliste et producteur. En 2017, il a publié une biographie consacrée à Louis Jourdan aux Éditions Séguier qui fut très appréciée de la critique comme du public. Un château pour Hollywood est son premier roman.

  • À la rencontre d'Eugene McCown : artiste américain aux talents multiples, dandy sulfureux et "homme à la mode" des Années folles.
    Était-ce sa beauté, son allure, son mystère ? Eugene McCown entrait dans une pièce et les bouches s'ouvraient toujours rondes. Arrivé à Paris en 1921, le jeune Américain fut successivement pianiste au légendaire cabaret du Boeuf sur le Toit, peintre à succès, journaliste et romancier. Redouté et admiré pour son esprit mordant, aimé et jalousé pour son charme magnétique, proche de Jean Cocteau, de Nancy Cunard, d'André Gide et du groupe de Bloomsbury, il s'offrit corps et âme au tourbillon de jazz, d'alcool et de drogues de cette décennie frénétique. Au risque de se laisser enfermer dans une image de phénomène mondain et de perdre de vue ses ambitions artistiques. Comme si tous, dans son entourage, avaient trop eu besoin de sa formidable énergie et l'avaient laissé la dilapider jusqu'à l'épuisement. Ainsi l'écrivain surréaliste René Crevel, son ancien amant, écrivait-il à son propos : " [Eugene] a une âme, malgré lui, malgré l'Amérique et, avouons-le, malgré nous qui aimions trop sa voix, ses mains, etc., pour ne pas l'avoir limité à cet amour trop terrestre. "
    Né en 1975, Jérôme Kagan signe avec Eugene McCown, démon des Années folles, fruit d'une enquête de plus de dix ans menée en France et aux États-Unis, son premier ouvrage.

  • Un portrait virulent de notre société -; en haute définition.Réac, Nicolas Ungemuth ? Plutôt mélancolique, et lucide à propos des quatre dernières décennies françaises. Dans Nous vivons une époque formidable !, le journaliste dépeint une société du XXIe siècle à côté de la plaque. Sous sa plume cruelle et drôle, nous voyons passer des trottinettes à contresens sur les avenues, des touristes qui vont en troupeaux, Anne Hidalgo et sa gestion " lumineuse " de la tour Eiffel, des projets de design objectivement nuls, nous assistons aux délires du " véganisme " comme de l'" antispécisme ", aux dérives du langage et à l'avènement d'un nouvel hygiénisme. Pour Ungemuth, si l'époque que nous connaissons invente son lot traditionnel de stupidités, elle se distingue surtout des précédentes en faisant passer ses gadgets et ses laideurs pour des progrès " historiques ". Nous aurions tout lieu d'en douter : les imprimantes 3D (des heures pour démouler un dentier) ou les " uritrottoirs " (des pissotières 2.0) sont-ils aussi nécessaires que le Gramophone ou la brosse à dents ? La trottinette électrique est-elle vraiment l'avenir du bipède ?
    Savant patchwork journalistique et pied de nez magistral, Nous vivons une époque formidable ! n'est pas un pamphlet pleurnichard : l'auteur y raconte ce début de troisième millénaire à travers le prisme du bon sens et revendique le droit d'en rire.
    Rédacteur en chef adjoint des pages " Culture " du Figaro Magazine, Nicolas Ungemuth témoigne régulièrement de ses grandes passions pour la musique, le cinéma et la littérature.

  • Des années 1900 à 1950, l'âge d'or de la Café Society saisi sur le vif par l'une de ses figures incontournables : le photographe Cecil Beaton.
    Emblématique portraitiste de mode, " Prince des photographes ", Cecil Beaton (1904-1980) fut l'une des figures principales de cette vie mondaine et cosmopolite si joliment appelée Café Society. Une société qu'il sut conquérir avec une incomparable aisance, passant, d'un pas, de l'Europe aux États-Unis, allant des salons de l'aristocratie conservatrice aux fêtes des personnalités les plus extravagantes.
    Et si nous savions de Cecil Beaton qu'il était un chroniqueur talentueux, nous découvrons dans cet ouvrage qu'il fut aussi un superbe écrivain. De quoi est-il ici question ? De futilités. Que ceux qui s'en formaliseraient passent leur chemin, c'est le conseil que leur adresse Christian Dior : " Je conçois que cet intérêt passionné pour des choses frivoles puisse agacer les gens sérieux. Tant pis pour eux. Cecil Beaton a raison d'écrire avec foi. [...] Nous savons que, des civilisations, c'est le périssable qui demeure. " Au fil des pages, se succèdent les portraits de célébrités tels Balenciaga, Dior, Chanel, mais aussi d'élégantes, de modèles, de photographes et de tant d'autres. Ainsi Beaton encense-t-il une époque, se souvient des gens d'influence, rallume le chic, l'esprit et la déraison.

  • Vie et mort de Mike Mentzer, bodybuilder et philosophe, homme le mieux bâti de tous les temps, ennemi juré d'Arnold Schwarzenneger, réduit à néant par les rouages du système et ses propres démons.
    L'épopée tragique et visionnaire de l'anti-Schwarzenegger... et du rêve américain.
    " Il se demandait à quoi devait ressembler un roman du bodybuilding ? À quoi ressemblerait une prose sous stéroïdes ? Gonflée, boursouflée, hypertrophiée ?
    À la fois ronde et tendue, symétrique et structurée ? Ou bien répétitive et crescendo ? Toute en puissance lourde ou à l'inverse, en mouvements rapides et légers, contrôlés ? Nue ?
    Après avoir fait un texte de son corps, écrit avec ses muscles et sa chair un poème de la force virile, il lui fallait trouver le langage qui écrirait le roman du corps. "
    Entre 1975 et 1985, dans le monde entier, Mike Mentzer incarna l'homme idéal - un corps spectaculaire, en ce qu'il joignait la perfection des formes classiques et la promesse d'une surhumanité nouvelle.
    Il fut l'un des monstres sacrés d'une jeune discipline, le bodybuilding. Avec cette faculté inédite d'être aussi écrivain, théoricien et philosophe. Aujourd'hui encore, ils sont des milliers à tenter de percer son énigme, à vouloir comprendre pourquoi Arnold Schwarzenegger jura sa perte - et même, s'il en fut la cause.
    Monsieur Amérique nous fait entrer dans la peau de ce personnage hors du commun pour conter son épopée et celle d'un pays en crise. C'est un roman du masculin, construit et déconstruit, de la chair et de la fonte, un roman du rêve américain et du crépuscule qu'il portait, peut-être, déjà, en germe.
    Nicolas Chemla a publié Luxifer, pourquoi le luxe nous possède (Séguier, 2014) et Anthropologie du boubour (Lemieux éditeur, 2016).

  • Visconti décèle en Helmut Berger un côté "démoniaque, fou et sexuellement perverti", qualités qu'il estime parfaites pour "incarner la perversion".
    L'acteur Helmut Berger fut considéré comme " le plus bel homme du monde ". Repéré en Italie
    par le réalisateur Luchino Visconti, il interprète pour ce dernier de grands rôles aux côtés
    de Romy Schneider, Elisabeth Taylor, Charlotte Rampling ou Burt Lancaster. Les relations qui
    unissent alors l'acteur au cinéaste ne se limitent pas au cadre professionnel. Berger est blond,
    Berger est beau, et Berger couche. Mais à la mort du grand maître Italien en 1976, sa carrière
    perd de sa superbe. Personnalité cinématographique incontournable, célèbre interprète
    de personnages sulfureux, Berger finit par être victime de son image et sombre dans une décadence
    autodestructrice. Et puis vint le récent " Saint Laurent " réalisé par Bertrand Bonello
    dans lequel Helmut Berger campe le célèbre couturier à la fin de sa vie. Une prestation très
    remarquée à Cannes en 2014, qui replace Helmut Berger dans le cinéma et le meilleur.
    Dans cette autobiographie épicée, à l'image d'un Richard Burton ou d'un Gainsbourg, essoré
    par l'alcool et la drogue, Helmut Berger transgresse tous les tabous. Il nous livre entre autres
    ses explorations de toutes les formes de sexualité, les grandes aspirations de sa vie, son amour
    pour Luchino Visconti, et ses amitiés avec Rudolf Noureev, Grace Kelly, Aristoteles Onassis,
    Maria Callas, Stavros Niarchos, Jack Nicholson et Romy Schneider.

  • Le premier livre consacré à Louis Jourdan, nourri d'entretiens inédits avec l'acteur, qui brosse à la fois le portrait d'une légende du 7e art et celui de l'âge d'or d'Hollywood.
    Quel incroyable destin que celui de Louis Jourdan (1921-2015). Né à Marseille, il fit rapidement ses débuts devant la caméra de Marc Allégret avant d'enchaîner quelques films français dans les années 1940. Repéré par le grand producteur David O. Selznick, Hollywood lui ouvre ses portes en 1946. Il tournera avec Alfred Hitchcock, Max Ophüls, Vincente Minnelli pour ne citer qu'eux, dans une longue carrière américaine au cours de laquelle il fut élu l'" homme le plus séduisant du monde " et qui le vit donner la réplique à Elizabeth Taylor, Leslie Caron, Brigitte Bardot, Gregory Peck, Frank Sinatra, Grace Kelly ou encore James Dean. Mort à Beverly Hills en 2015, il incarna comme peu d'autres l'élégance française et la beauté.
    Richement illustrée, cette biographie raconte l'âge d'or hollywoodien puis le déclin des " grands studios ". Cela au fil d'une mise en scène passionnante, composée d'allers-retours entre le passé glorieux de Jourdan et les nombreux entretiens que l'auteur, Olivier Minne, a pu avoir avec lui au cours des cinq dernières années de sa vie.
    Olivier Minne est animateur de télévision, acteur, journaliste et producteur. Passionné de théâtre et de cinéma, il vit entre Paris et Los Angeles.

  • Le récit d'une incroyable imposture, à la vie, à la mort.
    C'est d'abord une histoire vraie : celle de José Sáez, un jeune berger pauvre comme tant d'autres dans l'Espagne des années 1960 dont le physique est identique, à la mèche de cheveux près, à celui qui sera bientôt le plus célèbre des toreros du XXe siècle, Manuel Benítez " El Cordobés ". Que faire d'une telle ressemblance ? Tromper les foules ? Récupérer un peu de l'argent et de l'éclat promis à un autre que lui ? Telle est la décision de José Sáez, qui descend dans l'arène avec le visage de " l'autre " au risque d'y connaître l'échec et les mauvais coups. Ce n'est pourtant pas là le danger principal qui menace José, ni même l'enjeu de ce livre. Pris par le vertige du destin et de la réussite, José met tout en oeuvre pour devenir L'Autre, au point d'en oublier la contrepartie exorbitante de son choix faustien : son visage, son passé et son nom ne lui appartiennent plus. Se révèle peu à peu le thème incontournable de ce livre, si subtil, si original, si espagnol dans l'âme et dans le style : l'Identité.
    Berta Vias Mahou a traduit en espagnol de grands écrivains allemands tels que Ödn von Horváth, Stefan Zweig, Arthur Schnitzler, Joseph Roth et Goethe. Elle est l'auteure de plusieurs essais, recueils de nouvelles et romans, parmi lesquels Venían a buscarlo a él (prix Dulce Chacón 2011). En 2014, elle a remporté le prix Torrente Ballester avec Je suis L'Autre.
    " Berta Vias Mahou sait qu'au fond le métier d'écrire consiste à raconter la vérité. J'adore son courage et aussi l'étrange lucidité de ses histoires " Enrique Vila-Matas

  • Enquête inédite du côté obscur des années hippiesGuitariste californien, Bobby Beausoleil avait tout pour devenir une star du rock : le talent, le charisme, la beauté. Mais lorsque le protégé du cinéaste Kenneth Anger croisa un chanteur prometteur du nom de Charles Manson, il était écrit que sa partition ne serait pas exactement celle qui le conduirait aux sommets des charts. Bobby poignarda à mort un homme. Police. Menottes. Prison. Ce livre écrit sur la route, entre Los Angeles et San Francisco, est le récit d'une fascination pour le fil du rasoir. Où l'on croise les fantômes de Gene Clark et de Gram Parsons, une chanteuse perdue, quelques musiciens passés de l'ombre à la lumière. Et une chanson obsédante.
    Fabrice Gaignault est écrivain et journaliste. Auteur de deux ouvrages cultes sur le rock (Égéries Sixties, Vies et mort de Vince Taylor), on lui doit également les romans L'Eau noire et Aspen Terminus, ainsi que le Dictionnaire de littérature à l'usage des snobs, traduit en plusieurs langues.

  • Un livre indispensable pour qui veut comprendre l'histoire de la mode du XX ème siècle.
    Bettina Ballard ? Une figure, une intelligence, une plume de la mode ! Correspondante de Vogue à Paris avant-guerre puis à la Libération, rédactrice " mode " à New York dans les années 50, sa carrière et plus largement sa vie sont un long défilé d'artistes, de femmes du monde, de couturiers, de photographes et de mannequins. Vous lirez ici l'arrière-décor des défilés, les portraits ô combien personnels de Schiaparelli, Chanel, Balenciaga, Dior ; vous découvrirez la frivolité et le luxe d'un monde que seule l'Histoire mit entre parenthèses.
    Ces mémoires n'avaient jamais été traduits en français tandis qu'ils sont depuis longtemps introuvables aux États-Unis. Ils confirment la prédiction qu'une amie perfide fit un jour à Bettina Ballard : " Si vous aviez fait de bonnes études, ce qui n'est évidemment pas le cas, vous auriez été un véritable écrivain. " In My Fashion est un bijou, une photographie sensible, un grand parfum d'époque.

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