Presses Sorbonne Nouvelle

  • Le théâtre de la Renaissance anglaise connaît en France depuis de nombreuses années une faveur qui ne se dément pas. L'oeuvre de Shakespeare fait l'objet d'une attention incessante qui suscite des traductions et des interprétations nouvelles, des mises en scène audacieuses, dans le souci d'affirmer sa modernité. Il fallait une audace singulière et une largeur de vision remarquable pour embrasser d'un même regard la période la plus riche de ce théâtre tragique, la période shakespearienne qui s'étend de Marlowe à Webster. Il fallait une vaste culture et une acuité de l'intelligence susceptible de se déployer selon trois dimensions, littéraire, historique et philosophique, pour relier l'exploration de la temporalité à travers les formes dramatiques à une vision panoramique des traditions culturelles dont le théâtre élisabéthain est issu. Il fallait enfin un juste équilibre entre l'attention au contexte historique dans lequel toute oeuvre s'inscrit et l'aptitude à manier les instruments de la critique moderne dans la recherche d'une compréhension stimulante pour le lecteur de notre temps. C'est un moment dans l'histoire du théâtre anglais, mais aussi dans l'histoire de la conscience et de la sensibilité que Gisèle Venet a su cerner et restituer dans cette étude magistrale qui ne remonte à l'Antiquité et au Moyen Âge que pour éclairer la crise baroque et l'émergence d'un héros tragique nouveau. Robert Ellrodt

  • Jamais les politiques publiques françaises et britanniques n'ont été autant marquées par la question du logement qu'en ce début de XXIe siècle. L'envolée spéculative des prix immobiliers, l'accroissement des phénomènes de ségrégation et de précarisation résidentielles ainsi que la crise des « subprimes » émanant des États-Unis en 2007 ont mis en évidence les vicissitudes auxquelles sont soumis les marchés occidentaux depuis les années 1990. Face à l'inquiétude croissante des populations, il n'est guère étonnant que les gouvernements de Gordon Brown et de Nicolas Sarkozy aient manifesté leur volonté de considérer le logement comme l'une des toutes premières priorités de leur action politique. Cet ouvrage a pour objectif de mettre en parallèle les caractéristiques des crises du logement dans les deux pays et les réponses qu'y apportent les pouvoirs publics. Il regroupe une quinzaine de contributions de spécialistes du logement en France et au Royaume-Uni qui couvrent les grandes évolutions des marchés de l'immobilier depuis la seconde moitié du XXe siècle, les enjeux sociétaux et territoriaux et les nouvelles orientations politiques. Ainsi que le montrent les auteurs, le désengagement de l'État-providence, le recours à la décentralisation et aux lois du marché rendent de plus en plus improbable la mise en oeuvre d'un droit au logement pour tous.

  • En ce début de 21e siècle, les relations sino-américaines sont devenues un pivot majeur des relations internationales. Jouissant du statut d'unique superpuissance mondiale à la fin de la guerre froide, les États-Unis ont observé, non sans une certaine appréhension, la remarquable montée en puissance de la Chine, désormais perçue par de nombreux observateurs comme la seule nation capable de détrôner l'Amérique. Le passé lourd et complexe qui pèse sur les relations entre Pékin et Washington permet d'éclairer cette nouvelle donne, notamment son caractère inédit et potentiellement dangereux si les deux pays entrent en compétition directe pour la place de première puissance mondiale. Cet ouvrage propose d'analyser la politique chinoise des États- Unis depuis le 19e siècle et de mettre en lumière l'alternance de cycles d'ouverture et de fermeture dans les relations avec la Chine. L'objectif de cette synthèse est d'offrir une perspective historique permettant de mieux comprendre les enjeux contemporains, mais aussi pourquoi le face-à-face est si inconfortable entre les deux géants.

  • Ce volume est le fruit d'un colloque organisé en février 2016 à la Sorbonne Nouvelle par le CERLIM. L'enjeu premier était d'offrir un état de la réflexion sur Guido Guinizzelli et Guido Cavalcanti, les deux poètes du XIIIe siècle au programme de l'agrégation d'italien en 2016 et 2017. Réunir la plupart des meilleurs spécialistes fournissait dès lors l'occasion de prendre connaissance des dernières avancées interprétatives en la matière. Le résultat est donc un ouvrage à la fois pédagogique et novateur qui, attentif aux contextes qui ont vu naître nos deux auteurs, cherche à examiner chacun d'eux pour lui-même tout en tâchant de mieux cerner la nature de leurs rapports. C'est un livre au sens propre, où circulent les voix d'un intense dialogue, parfois contradictoire, notamment en ce qui concerne le second Guido. Cela ne veut pas dire que le dernier mot soit dit. L'extraordinaire richesse et problématicité de la poésie cavalcantienne est un défi pour l'interprétation et continuera de solliciter la sagacité des herméneutes. La poésie du premier Guido reste elle aussi pleine de secrets à percer, notamment pour ce qui est de son arrière-plan culturel, scientifique, philosophique. Ce livre en appelle donc d'autres, dont il espère pouvoir nourrir la réflexion.

  • Cet ouvrage présente au public français un pan souvent méconnu de la production cinématographique espagnole : le cinéma fantastique. Les études réunies ici interrogent les traditions iconographiques et sociales qui dessinent les contours du genre fantastique dans le cinéma espagnol. Les deux premiers articles offrent une réflexion théorique sur la notion de fantastique et un rappel historique de l'évolution du genre en Espagne. Les articles suivants sont consacrés à l'analyse d'un film ou d'un corpus de films. Certains étudient plus particulièrement l'intertextualité et les phénomènes d'hybridation, tandis que d'autres s'attachent à mettre au jour, derrière les figures de monstres ou de fantômes, les problématiques sociales ou politiques sous-jacentes. On constate ainsi que le cinéma fantastique n'est pas simplement un genre d'évasion, mais peut aussi traduire les préoccupations actuelles de la société espagnole, notamment son difficile rapport au passé.

  • La « face cachée du genre » renvoie à la façon dont le langage continue à être dans les études de genre un objet presque invisible. Alors que les travaux des historien-ne-s, des littéraires, des philosophes, des sociologues, des anthropologues et des politistes sont largement intégrés dans le domaine des études de genre, on constate la quasi-absence des recherches linguistiques dans ce champ qui connaît depuis quelques années un véritable essor au sein des sciences sociales.Ce livre se propose de combler ce vide en renouvelant les débats autour du langage en tant qu'outil de construction du genre, de reproduction des inégalités de sexes et de lutte contre la domination masculine.À partir de la diversité des données, des contextes et des cadres théoriques mobilisés, les textes recueillis dans ce volume interrogent les rapports entre genre, langage et pouvoir, en convoquant plusieurs champs disciplinaires tels que la linguistique, la sociologie et les sciences politiques. Comment penser la capacité des individus d'agir sur le genre à travers le langage ? Telle est la question à laquelle cet ouvrage essaie de répondre.Avec une Postface de Judith Butler.

  • Cet ouvrage considère les ressorts et les acteurs de la dynamique économique anglo-saxonne. Il montre comment les entrepreneurs et leurs réseaux contribuent à l'émergence d'une société entrepreneuriale qui met en contact les mondes anglophones et d'autres aires culturelles (l'Europe, l'Amérique, la Chine). La montée de l'entrepreneuriat en tant que phénomène socio-économique reflète de profonds changements d'attitudes qui donnent leur cohésion aux sociétés entrepreneuriales du libéralisme postmoderne ou du postcommunisme. Ce processus de transformation impulsé par les individus, les familles, les diasporas et les institutions, apparaît comme une émanation du capitalisme anglo-saxon et l'expression d'un projet politique paradoxal. Il ne se fonde pas exclusivement sur le principe économique de la « destruction créatrice » mais prend également appui sur des normes et des valeurs structurant la manière du « vivre ensemble » et des formes originales de lien social. Comme le montrent les études réunies dans ce volume, la dynamique de croissance de l'entrepreneuriat repose sur des stratégies internes aux cultures et aux sociétés, mais s'incarne également dans des expériences plus transnationales. En s'élargissant à toutes les sphères de la vie sociale pour accomplir sa visée, la pratique entrepreneuriale révèle sa fonction intrinsèque de moteur de changement social.

  • Cet ouvrage retrace l'enchaînement de mécanismes qui ont conduit à l'appauvrissement de l'intermédiation financière et politique au cours des vingt dernières années aux Etats-Unis. L'intermédiation signifie tout à la fois transmission, passage, agence ou représentation. Ainsi, les élus ou les conseillers financiers, au sens large, peuvent être considérés comme des intermédiaires. Le processus d'intermédiation se retrouve naturellement dans le système politique américain car les États-Unis sont une démocratie représentative. Mais ce processus est aussi à l'oeuvre dans la démocratisation des marchés financiers qu'ont connue les États-Unis depuis la fin des années 1960. Cette démocratisation s'est accompagnée d'une financiarisation de l'économie et d'un désengagement de l'État mais la persistance d'une réglementation « sélective » a protégé et nourri la croissance d'institutions financières hybrides, semi-publiques et semi-privées, qui ont joué un rôle dans ce qui apparaît aujourd'hui comme la fragilisation de l'édifice politico-financier américain.

  • Dans les deux dernières décennies du xxe siècle, minimalisme désigne une partie de la création littéraire et, pour le roman, une production généralement liée aux Éditions de Minuit. La notion, qui dérive des champs de l'architecture et des arts plastiques, est ici resituée dans la perspective de l'histoire littéraire. Les années 1980 sont traversées par une tension esthétique féconde, entre réévaluation du romanesque et permanence d'une distanciation critique, héritage du Nouveau roman et sortie de l'ère du soupçon. Issus d'un colloque international organisé à Cerisy la Salle, les articles de cet ouvrage mettent en relief l'invention d'un art subtil du roman : marqué par le souci du moindre effet, il est doté d'une capacité de résonance extrême. Ces analyses interrogent aussi les pièges et les impasses de la notion, liés à l'hétérogénéité des pratiques qu'elle désigne autant qu'à sa définition problématique. En contre champ : un texte de Philippe Claudel et un entretien avec Patrick Deville.

  • Comment s'est construit l'imaginaire historique de l'Amérique, nation que l'on dit toute entière tournée vers l'avenir et le progrès ? C'est cette dynamique complexe, entre un passé souvent mythifié et ses représentations, que se propose d'explorer Refaire l'Amérique à travers douze cas analysés par des spécialistes américains, italiens et français. On y verra entre autres comment la tradition puritaine de la jérémiade donne sens au western du début du XXe siècle, comment le Parti Républicain inventa l'idée d'une « révolution conservatrice » dans les années 1980, ou encore comment l'intellectuel afro-américain W.E.B. Du Bois utilisa la fiction pour tenter d'imaginer une réponse politique et internationale au problème de la « ligne de couleur » dans son pays. Que ce soit à travers l'image, l'architecture, ou l'évolution des pratiques culturelles de ses immigrants, l'Amérique ne cesse de revisiter des pans entiers de son expérience nationale. Il lui arrive aussi, parfois, d'esquisser les formes inachevées d'une refondation : le plus souvent, celle-ci semble pourtant s'étioler sous le poids d'un certain conservatisme historique et culturel. Grâce à cette sélection de textes et d'auteurs, dont beaucoup sont traduits pour la première fois, le lecteur français pourra se familiariser avec l'évolution récente des Études Américaines, notamment leur tournant « transnational », auquel ce volume entend contribuer.

  • Cet ouvrage s'intéresse à la question de la concordance des temps dans des discours qui, par delà leur diversité typologique (discours grammatical, historiographique ou littéraire), ont en commun de porter sur une matière dont les rapports au temps donnent lieu à des agencements assez souvent discordants. Quelles sont ces « discordances » ? Que signifient-elles ? Est-il possible de les théoriser et de quelle façon? Ce volume interdisciplinaire réunit des contributions de chercheurs en linguistique et en littérature hispaniques venus de différentes universités françaises et étrangères. Il est issu d'un colloque tenu en mai 2008 dans les murs du Colegio de España et organisé conjointement par le Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris Sorbonne (CLEA, EA 4083), le Séminaire Interdisciplinaire de Recherches sur l'Espagne Médiévale (GDR 2378, CNRS) et le Groupe d'Études et de Recherches en Linguistique Hispanique de la Sorbonne nouvelle - Paris 3 (EA 170).

  • Depuis 1990, le genre policier connaît un large succès aussi bien dans le monde de l'édition qu'auprès du public italien. Cette date marque un renouveau de ses formes, auquel a contribué, entre autres, la création du Gruppo 13 à Bologne. À côté du giallo s'est affirmée progressivement la catégorie plus hybride du noir. Le genre policier entend sonder le mystère, démasquer l'opacité du réel en pénétrant les non-dits de l'histoire pour en proposer une lecture dérangeante ; surgissent alors d'autres questionnements relevant, quant à eux, de pulsions plus subtiles, voire inconscientes. La perspective historique et herméneutique a élevé le roman au statut de nouveau roman social, capable, sous le couvert de situations vraisemblables, de simuler la réalité pour la comprendre autrement. L'écriture d'enquête se présente de plus en plus en Italie comme le champ de toutes les expérimentations grâce à l'utilisation de canaux de communication favorisant une réception plus large, mais aussi à l'hybridation avec d'autres formes d'expression (cinéma, théâtre, musique, télévision, BD). Cet ouvrage vise à comprendre les nouveaux enjeux du giallo/noir à l'origine de son succès. On y voit comment, à travers l'écriture de l'énigme, le giallo explore les côtés obscurs et complexes de l'Italie contemporaine.

  • Le Système monétaire européen (SME) fut instauré en décembre 1978, au coeur d'une période de tourmente monétaire et de marasme économique, afin d'assurer une certaine stabilité des taux de change et de faciliter les échanges, la croissance et l'emploi en Europe. Les relations que le Royaume-Uni a entretenues avec ce système sont atypiques, puisque la livre ne fut intégrée au mécanisme de change du SME que tardivement et temporairement, d'octobre 1990 à septembre 1992. L'analyse révèle des contradictions permanentes. Les décisions des gouvernements Thatcher et Major ont contredit les professions de foi gouvernementales qui les précédaient et n'ont pas parues justifiées par les contextes économiques dans lesquels elles furent prises. En suivant les événements dans leur ordre chronologique, cet ouvrage explore les décisions relatives à la participation de la livre au mécanisme de change du SME, pour déterminer ce qui relève de choix indépendants et ce qui procède d'obligations, économiques ou politiques, qu'elles aient été intérieures ou extérieures. Il tente ainsi d'identifier, au-delà de l'impression dominante de pragmatisme, une idéologie consciente et spécifique qui aurait pu guider les gouvernements Thatcher et Major.

  • Les études réunies sous le titre La beauté et ses monstres sont nées d'un constat de rupture entre l'idéal platonicien qui posait l'alliance étroite du Beau et du Bien et les pratiques esthétiques des XVIe, XVIIe siècles. La poétique baroque, expression d'une crise de la pensée analogique et de l'idéalisme platonicien, procède en effet d'une reconnaissance implicite de la dangereuse contiguïté entre le beau et le monstrueux et trouve son originalité créatrice dans la mise en mouvement de formes « dépravées », dans l'invention de formes qui contreviennent aux lois de la « proportion ». Métamorphoses et anamorphoses jouent de cette virtualité du monstmeux latent en toute forme parfaite qu'un rien peut déformer, déjouant toute tentative de figier des rhétoriques littéraires ou d'immobiliser des genres dans une codification rigoureuse. De même, par l'attraction qu'elle exerce, tant physique que métaphysique, la beauté a suscité la défiance devant l'envers toujours possible de cet attrait, la séduction par une beauté frelatée ou trompeuse. L'étrange et fascinante intimité entre la beauté et ses monstres fonde de la cohérence d'une dynamique de recherche par-delà la variété des angles d'analyse adoptés et la contiguïté entre le beau et le monstrueux apparaît bel et bien comme facteur supplémentaire d'unité dans l'expression de la sensibilité baroque. Ce volume, à ce titre, est une contribution à l'histoire d'une esthétique liée à cette sensibilité et aux paradoxes par lesquels elle trouve à s'exprimer, paradoxes qu'implique la saisie unifiée d'éléments contradictoires. C'est une illustration de plus, s'il en fallait, d'une crise de la représentation qui a trouvé dans une esthétique de la discordia concors ou de la coincidentia oppositorum sa réponse la plus pertinente, sa « monstrueuse beauté »

  • Le "syndrome du Vietnam" a été tel que le Président Bush n'a pu engager la nation américaine dans la guerre du Golfe qu'après avoir rejeté dans son discours officiel - comme pour l'exorciser - le souvenir obsédant de l'enlisement au Vietnam. Quels que soient les sentiments que l'on puisse avoir sur les fondements idéologiques des notions de leadership, de nouvel ordre international, de juste cause, la nation américaine est caractérisée par sa phobie des conflits irréductibles et ce sont bien la lassitude et la déception qui l'ont emporté dans la "crise de conscience" de l'"Amérique impériale". Ce livre projette une image radioscopique de la mentalité et des comportements des Américains à l'époque de la contestation des années soixante.

  • Le Vieux Monde a beaucoup écrit sur le Nouveau. Il ne s'est pas privé de le juger, et de le juger mal. Dès le départ, le continent et ses habitants ont été affublés d'un nom erroné. Plus tard, le "Siècle des Lumières" a énoncé d'incroyables contre-vérités. L'ethnocentrisme européen était triomphant. En outre, les préjugés anti-espagnols venaient déformer un peu plus les images fantasmatiques. Aujourd'hui, les sciences mesurent mieux leurs limites ; nous savons que l'Amérique n'est pas encore découverte. À chaque étape, l'Histoire Naturelle aura été un élément-clé du débat. Jamais les savants n'auront été des hommes de cabinet qui s'imaginent travailler loin des contingences : le patriotisme, l'idéologie, la politique ou tout simplement le bonheur esthétique étaient au rendez-vous. L'ambition personnelle ne pouvait pas être toujours absente ; en revanche, l'abnégation et l'enthousiasme sont souvent venus à bout de difficultés matérielles de tout ordre. Vaille que vaille, les créoles eux-mêmes prirent peu à peu la mesure de leurs richesses. Tout cela explique qu'une équipe d'hispanistes spécialisés dans l'Amérique Hispanique ait voulu apporter sa pierre sur un pareil chantier. Les textes que nous publions ont été présentés et discutés à la Sorbonne en séminaire. Un volume est déjà paru en 1986.

  • Comme prolongement de ses investigations sur le corps, le « Centre de Recherche sur l'Espagne des XVIe et XVIIe siècles » (C.R.E.S.-U.R.A. 1242 du CNRS) a programmé, en collaboration avec l'U.R.A. 1050 de Toulouse (« Littérature espagnole du Siècle d'Or » - L.E.S.O.), une journée d'étude, qui s'est déroulée à Paris, au Collège d'Espagne, le 29 mai 1992, et qui a porté sur La peur de la mort en Espagne au Siècle d'Or. Littérature et iconographie (analyse de quelques exemples). Il s'agissait moins de s'interroger sur l'essence de cette peur que sur ses manifestations en l'appréhendant à travers quelques supports particulièrement significatifs. Il est ainsi apparu que la ligne dominante des textes et des documents iconographiques examinés est celle du désabusement et de l'ascétisme suscités par la peur de la mauvaise mort et des peines de l'enfer qui la prolongent. C'est ce que traduisent traités, sermons, oeuvres théâtrales, gravures, représentations picturales, etc. Ce sont là des manifestations diverses de la « pédagogie de la peur » utilisée par l'Église, avec plus d'intensité après le Concile de Trente, et avec plus de vigueur en Espagne - champion de la catholicité - qu'ailleurs. C'est par là que passait l'emprise religieuse et ecclésiastique sur les esprits, comme le mettent en évidence les Actes de la rencontre publiés aujourd'hui.

  • Cet ouvrage rassemble seize communications faites lors de deux colloques internationaux sur les rapports entre la Grande-Bretagne et le continent européen au XVIIIe siècle. Une moitié des communications est de nature littéraire, touchant quelques-uns des auteurs britanniques les plus marquants de l'époque, examinés dans leurs liens intellectuels avec l'Europe (qui les influence ou qu'ils influencent). L'autre moitié contient des études sur les moeurs observées par les voyageurs, sur les représentations et images réciproques. Viennent également au jour les rivalités entre les pays (dans le domaine de l'érudition orientaliste), ainsi que la situation des habitants du Nord et l'Écosse, en marge de l'Europe, mais souvent enjeu politique pour l'Europe. La gravure satirique, enfin, a largement sa place avec un article sur les caricatures de Hogarth.

  • Parmi les jeunes cinéastes espagnols qui se sont affirmés au cours de la dernière décennie, Julio Medem est apparu comme l'un des plus originaux tant par le caractère poétique et insolite de ses récits que par ses recherches plastiques. Cependant, Medem n'est pas uniquement espagnol, il est aussi basque, et son cinéma porte les traces plus ou moins manifestes des traditions et mythes basques qu'il revitalise dans ses différentes productions. Les chercheurs français et espagnols ici réunis se sont proposés d'interroger et d'éclairer son oeuvre - cinq long-métrages de fiction et un documentaire - à partir d'une démarche analytique qui associe étude textuelle et histoire culturelle. Le lecteur trouvera ainsi dans cet ouvrage deux volets : tout d'abord une étude des spécificités supposées de ce réalisateur, comme la complexité de ses trames narratives, son goût pour une certaine modernité formelle ou encore la récurrence de diverses thématiques ; puis, un questionnement portant sur la manifestation d'une identité basque revisitée, l'utilisation des mythes basques ou encore le caractère nationaliste du discours véhiculé par son documentaire.

  • Dans un siècle marqué par la déchristianisation et l'individualisme, il est intéressant de voir qu'en Grande-Bretagne on assiste à un retour aux valeurs traditionnelles et à la définition de nouvelles valeurs pour vivre mieux en société. Les auteurs de cet ouvrage s'attachent à montrer comment certaines valeurs victoriennes comme l'amour de la campagne ou un intérêt pour la condition féminine se sont développées au xxe siècle pour donner naissance à de nouvelles valeurs comme l'égalité des sexes ou la protection des espaces verts ou ruraux. Par ailleurs d'autres valeurs sont nées de la transformation de la société britannique dans l'après-guerre avec, notamment, la création d'un service national de santé ou l'utilisation grandissante de la publicité. Ces différentes études de cas (sur les jardins, la campagne, la publicité, l'égalité des sexes, la santé, le sida) intéressent à divers titres le sociologue, le politiste ou tout lecteur curieux d'étudier la transformation de la société britannique.

  • Cet ouvrage représente le second volet des travaux du CRID (Centre de Recherche sur Idéologie et Discours) sur les Avant-Gardes esthétiques espagnoles. Il s'intéresse plus spécialement à la poésie qui a, plus intensément que les autres arts, joué un rôle dynamique dans l'Avant-Garde espagnole des années 20. L'originalité des études réunies ici réside dans la volonté d'aborder, en priorité, des oeuvres appartenant à des auteurs et des courants représentatifs de cette Avant- Garde ; l'Ultraïsme, le Créationnisme et le Surréalisme, trois «ismes» décisifs de l'histoire littéraire espagnole entre 1918 et 1930. Le but de cette recherche n'est pas de revenir sur les aspects théoriques, doctrinaux ou extérieurs de ces mouvements, mais d'analyser les «pratiques textuelles» représentatives de ces Avant-gardes, pour en apprécier véritablement les éléments de rupture ou de continuité.

  • La guerre civile d'Espagne a provoqué chez les intellectuels du monde entier un choc émotionnel profond, qui a motivé des réactions de tous ordres : les uns ont milité, les autres ont écrit, d'autres encore ont pris un fusil, certains y ont laissé leur vie. Dès les premiers jours de la guerre civile - marqués, entre autres, par la mort de Federico Garcia Lorca - les poètes hispano-américains réagissent : César Vallejo, Pablo Neruda, Nicolas Guillén, trois des grandes voix poétiques du continent, se sont joints au choeur des hommes concernés par ce drame espagnol qui préfigurait l'holocauste à venir. Ce sont leurs témoignages que nous essayons de faire revivre et d'analyser ici.

  • Les sept études rassemblées dans ce volume relèvent du même domaine d'investigation que celles du précédent volume, Institutions et vie coloniale en Amérique Espagnole, paru en 1985, deux d'entre elles constituant la suite directe de sujets déjà abordés. Sans prétendre épuiser la matière définie par l'intitulé, ces travaux devraient contribuer, dans leur diversité thématique, géographique et temporelle, à mieux faire saisir la nature et la complexité des problèmes liés à la vie coloniale hispano-américaine dans ses rapports souvent tendus avec les institutions métropolitaines ou territoriales.

  • Séduits par une démarche qui va à contre-courant des idées reçues et de l'historiographie « à l'ancienne », les universitaires espagnols et français ici réunis entendent montrer que la pluralité culturelle de l'Espagne contemporaine a été nourrie par d'abondants emprunts à l'étranger, à la France notamment. On sait que cette diversité a été dissimulée ou niée sous le franquisme, puis réhabilitée sous la jeune démocratie. Tel courant littéraire, telle école picturale, telle chanson venus d'ailleurs ont contribué à façonner du XVIIIe siècle à nos jours une identité culturelle espagnole. Celle-ci peut donc être vue comme un amalgame ou un creuset. Son caractère éventuellement hétéroclite n'autorise à parler ni d'une altération, ni moins encore d'une désagrégation de l'hispanité. Le phénomène de brassage et la réalité du métissage pourraient bien expliquer, contre toute attente, la richesse et la vitalité de la culture espagnole, aujourd'hui comme hier.

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