Bernadette Bensaude-Vincent

  • Le " public " est tantôt admiratif devant les prouesses scientifiques, tantôt il est ce contre-pouvoir qui défie l'autorité des experts. L'opinion est perçue soit comme une masse amorphe, manipulable, soit comme une puissance souveraine. Tour à tour sérieuse ou aventureuse, menaçante ou rassurante, la science nous est présentée à la fois comme une autorité souveraine et comme une puissance critique face à l'autorité. Ce livre de référence retrace les moments forts de cette confrontation .
    Allumons la télévision : qu'il s'agisse d'une catastrophe naturelle ou d'une grave épidémie animale, un expert est là pour éclairer l'opinion du public. D'un côté il y a ceux qui savent et, de l'autre, ceux qui ne savent pas et à qui on demande seulement de croire à ce que l'on dit être vrai. C'est ce clivage que ce livre met brillamment en cause. L'opinion est perçue soit comme une masse amorphe, manipulable, soit comme une puissance absolue. Tout aussi contradictoires sont les images de la science : tour à tour sérieuse ou aventureuse, menaçante ou rassurante, la science nous est présentée à la fois comme une autorité absolue et comme une puissance de critique ou de rébellion contre l'autorité. Ces ambivalences ont des racines historiques qui remontent à la Grèce ancienne. Ce livre retrace les moments forts de la confrontation entre science et public. Chaque figure de la science se dessine en regard d'une figure correspondante de l'opinion : de la science " populaire " d'un Auguste Comte au XIXe siècle à la science " citoyenne " des conférences de consensus actuelles, on est tenté de dire que " la science a l'opinion qu'elle mérite "...

  • Tables tournantes et parlantes, somnambules et médiums, fantômes et ectoplasmes ont captivé l'attention d'une fraction non négligeable de la communauté scientifique française au tournant du XX e siècle. Les huit récits d'épisodes marquants du début du XX e siècle réunis dans cet ouvrage se lisent comme autant de reportages inattendus et passionnants sur l'engouement pour les phénomènes inexpliqués.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2002.)
    Tables tournantes et parlantes, somnambules et médiums, fantômes et ectoplasmes ont captivé l'attention d'une fraction non négligeable de la communauté scientifique française au tournant du XXe siècle. Ces phénomènes bizarres pouvaient-ils s'expliquer par la physique, par la biologie, ou bien relevaient-ils de la psychopathologie ? Nombreux furent les savants qui tentèrent de les soumettre à la méthode expérimentale : Pierre et Marie Curie participèrent aux séances d'une célèbre médium, Camille Flammarion enquêta sur la télépathie, tandis que le prix Nobel de physiologie Charles Richet proclama sa croyance aux fantômes et fonda une nouvelle science, la " métapsychique ". Puis, après cette période d'engouement pour les phénomènes occultes, dans les années 1930, en dépit (ou à cause) d'une radiesthésie aux ambitions scientifiques, toute forme d'occulte fut bannie du champ scientifique et renvoyée vers les " para-sciences ". Les huit récits d'épisodes marquants de cette période réunis dans cet ouvrage se lisent comme autant de reportages inattendus et passionnants. Et au-delà, les historiens des sciences et de la culture qui ont contribué à ce livre apportent des explications troublantes à ce double mouvement d'ouverture puis de fermeture de la communauté scientifique française, dont les effets se font sentir jusqu'à nos jours.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2002.)

  • Le carbone est bien plus qu'un élément chimique : un être multiple, à la fois naturel, social et culturel. Le charbon, le graphite, le diamant, le graphène, autant d'avatars du carbone que nous rencontrons quotidiennement, tant dans les phénomènes de la nature que dans les aventures humaines. L'impact du dioxyde de carbone sur le changement climatique est loin d'épuiser son rôle et le carbone n'est pas un démon extrait du sous-sol par l'humanité et qui se retournerait contre elle. Il inspire bien d'autres histoires, à commencer par celle de la vie, dont il constitue un élément essentiel grâce à sa versatilité chimique. Les nombreux modes d'existence du carbone se déploient sur diverses échelles de temps, depuis les éphémères réactions nucléaires jusqu'à l'âge de l'Univers en passant par des durées dont certaines coïncident avec celle de l'histoire humaine. Ainsi, les vies du carbone nous invitent à repenser la nôtre.
    Ce livre singulier, qui traite de phénomènes tantôt quotidiens et familiers, tantôt méconnus et mystérieux, combine avec originalité le style narratif de la biographie avec celui de la meilleure vulgarisation scientifique.
    Bernadette Bensaude-Vincent est professeure émérite à l'UFR de philosophie à l'université Paris 1-Panthéon-Sorbonne. Elle est membre de l'Académie des technologies et de plusieurs comités d'éthique. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages.
    Sacha Loeve est maître de conférences à l'université Jean-Moulin-Lyon 3. Ses travaux de recherche concernent la philosophie des techniques et la technologie.

  • Les histoires classiques de la chimie se partagent en deux périodes bien tranchées : un âge préscientifique, celui des alchimistes aux pratiques occultes et des artisans obscurs, puis un âge scientifique " sérieux ", qui voit la multiplication des lois et des découvertes, à la source d'immenses progrès techniques. Ce genre d'épopée positiviste, hérité d'un temps où la chimie était la science de pointe, paraît bien vieilli aujourd'hui. Mais peut-on encore écrire l'histoire de la chimie sans tomber dans les clichés traditionnels ? Cet ouvrage tente l'aventure : il présente la chimie comme une science en quête d'identité, hantée par la question de sa nature, de son rang dans l'encyclopédie. La chimie est une histoire, toujours en marche, jalonnée de spectaculaires conquêtes et de dures batailles pour la dignité et la reconnaissance. Une fresque pleine de surprises et de rebondissements, que les deux auteurs, s'appuyant sur des années de recherche, ont réussi à rendre passionnante, sans rien abandonner de la rigueur historique et scientifique.

  • Offering an overall insight into the French tradition of philosophy of technology, this volume is meant to make French-speaking contributions more accessible to the international philosophical community. The first section, "Negotiating a Cultural Heritage," presents a number of leading 20th century philosophical figures (from Bergson and Canguilhem to Simondon, Dagognet or Ellul) and intellectual movements (from Personalism to French Cybernetics and political ecology) that help shape philosophy of technology in the Francophone area, and feed into contemporary debates (ecology of technology, politics of technology, game studies). The second section, "Coining and Reconfiguring Technoscience," traces the genealogy of this controversial concept and discusses its meanings and relevance. A third section, "Revisiting Anthropological Categories," focuses on the relationships of technology with the natural and the human worlds from various perspectives that include anthropotechnology, Anthropocene, technological and vital norms and temporalities. The final section, "Innovating in Ethics, Design and Aesthetics," brings together contributions that draw on various French traditions to afford fresh insights on ethics of technology, philosophy of design, techno-aesthetics and digital studies. The contributions in this volume are vivid and rich in original approaches that can spur exchanges and debates with other philosophical traditions. 

  • François Dagognet (1924-2015) nous a laissé une oeuvre immense et foisonnante?: près de soixante-dix ouvrages, sur les thèmes les plus divers, de l'épistémologie à l'art contemporain, de la politique au droit, de l'argent à la morale, de la peau au trouble, sans oublier le paysage, ou l'agronomie, les déchets ou les musées, parmi bien d'autres sujets. Sa curiosité universelle et inassouvie égalait, voire dépassait, celle de son maître Bachelard.
    Montrer comment Dagognet a illustré l'épistémologie «?à la française?», et l'a radicalement transformée en la faisant sortir de ses cadres traditionnels, tel est l'enjeu de ce recueil, issu d'un colloque en hommage à François Dagognet qui s'est tenu à l'Institut d'histoire et philosophie des sciences et des techniques de Paris 1, qu'il a un temps dirigé.
    Vingt-quatre auteurs, français et étrangers, de diverses générations et spécialités, font découvrir et discutent les positions de ce philosophe infatigable sur un large éventail de champs scientifiques et techniques?: philosophie des sciences, biologie, médecine, neurologie, pharmacie, sciences de la terre, chimie, écologie, théorie des formes, informatique, art, droit et philosophie sociale.
    Sous la direction de Bernadette Bensaude-Vincent, Jean-François Braunstein, Jean Gayon (1949-2018), professeurs de philosophie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
    Avec des contributions de Christian Bange, Bernadette Bensaude-Vincent, Jean-François Braunstein, Georges Chapouthier, Gérard Chazal, Cristina Chimisso, Jean-Marc Drouin, Sébastien Dutreuil, Anne Fagot-Largeault, Jean Gayon, Xavier Guchet, Jeanne Guien, Quentin Hardy, Cyrille Harpet, Evan Hepler-Smith, Pierre de Jouvancourt, Laurent Loison, Kieran Lyons, Daniel Parocchia, Annie Petit, Philippe Petit, Emmanuel Picavet, Bertrand Saint-Sernin, Jonathan Simon, Dominique Thouvenin.

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