Florence Aubenas, L'inconnu de la poste, L'Olivier

  • « Les lecteurs se demandent souvent comment un journaliste choisit ses sujets. C'est une question qui revient sans cesse : pourquoi cette histoire et pas une autre ? Pourquoi ce village-là ? Pourquoi cette usine? Et pourquoi cet homme ? Les explications ne manquent pas. On se rend à cet endroit-là parce qu'un événement s'y est déroulé, incendie ou élection, meurtre ou mariage, peu importe, quelque chose.Ça paraît simple, non?Écrits et publiés dans Le Monde, où je suis reporter, les textes rassemblés dans ce livre ont en commun d'être nés dans cette zone d'opacité-là, entre des questions et des réponses qui ne coïncident pas. »F.A.Fidèle à l'esprit du Quai de Ouistreham, ce livre nous fait entendre la voix de ceux et celles que Florence Aubenas a rencontrés ces deux dernières années au fil de ses reportages. A travers ces récits de vies multiples se dessine une France prise dans l'aventure du quotidien.

  • Désireuse de saisir au plus près la réalité sociale de la crise, Florence Aubenas s'est immergée pendant six mois dans le quotidien d'une travailleuse précaire.
    Sans autre qualification que le baccalauréat sur son CV, elle s'inscrit au Pôle Emploi de Caen. Son objectif : décrocher un CDI. Elle devient alors "agent de nettoyage" et enchaîne les heures par-ci par-là. Dans son livre, elle témoigne de la misère ordinaire de la France d'en bas. Un document exceptionnel qui a dévoilé le vrai visage de la crise.

  • « La première fois que j'ai entendu parler de Thomassin, c'était par une directrice de casting avec qui il avait travaillé à ses débuts d'acteur. Elle m'avait montré quelques-unes des lettres qu'il lui avait envoyées de prison. Quand il a été libéré, je suis allée le voir. Routard immobile, Thomassin n'aime pas bouger hors de ses bases. Il faut se déplacer. Je lui ai précisé que je n'écrivais pas sa biographie, mais un livre sur l'assassinat d'une femme dans un village de montagne, affaire dans laquelle il était impliqué. Mon travail consistait à le rencontrer, lui comme tous ceux qui accepteraient de me voir. »

    F. A.

    Le village, c'est Montréal-la-Cluse. La victime, c'est Catherine Burgod, tuée de vingt-huit coups de couteau dans le bureau de poste où elle travaillait. Ce livre est donc l'histoire d'un crime. Il a fallu sept ans à Florence Aubenas pour en reconstituer tous les épisodes - tous, sauf un. Le résultat est saisissant. Au-delà du fait divers et de l'enquête policière, L'Inconnu de la poste est le portrait d'une France que l'on aurait tort de dire ordinaire. Car si le hasard semble gouverner la vie des protagonistes de ce récit, Florence Aubenas offre à chacun d'entre eux la dignité d'un destin.

    Florence Aubenas est grand reporter au journal Le Monde. Elle a notamment publié La Méprise : l'affaire d'Outreau (Seuil, 2005) et Le Quai de Ouistreham (L'Olivier, 2010), qui a connu un immense succès et redéfini la notion de journalisme d'immersion.

  • «Dès la première entrevue, Madame Flora voulut que je nomme les ennemis que j'avais pu me faire. Or j'avais beau ne pas croire qu'un sorcier ait pu poser des charmes susceptibles de me rendre malade, j'avais beau ne pas croire que nommer soit tuer, je fus dans une totale impossibilité de lui livrer aucun nom. Chaque fois qu'elle me pressa de le faire, en frappant la table de ses cannes, j'eus l'esprit aussi vide qu'un analysant sommé de faire des associations libres [...] » L'anthropologue, qui deviendrait aussi psychanalyste, rapporte ici la suite de ses travaux sur la sorcellerie dans le Bocage de l'Ouest français. Elle s'est laissée impliquer dans les processus qu'elle étudiait. Certains ont vu en elle une désorceleuse, d'autres une ensorcelée ? en même temps qu'elle instituait l'anthropologie « symétrique », dont elle fut une pionnière, qui met sur le même pied les deux partenaires de l'interlocution ethnographique. Le présent livre est donc un retour sur les matériaux relatifs au désorcèlement, et pose la question de savoir comment le fait d'« être affecté(e) » permet de construire un discours rigoureux, ici sur la sorcellerie.

  • « Comme les manières de penser, de sentir et d'agir, les façons de parler et, plus encore, d'écrire sont nettement différenciées dans les sociétés développées. Le style comme écart, variation expressive, surcroît de sens, est un fait. Il a été perçu, formalisé dès les débuts de la culture lettrée, en Grèce. On l'assimile, depuis lors, à l'exploitation des ressources immanentes au langage, constitué en entité autonome de dépendances internes. Mais, ce faisant, on perd sa dimension vécue, la satisfaction ambiguë qui colore pareille expérience. Celle-ci, comme l'ensemble de l'activité sociale, accuse la distribution inégale des ressources économiques et sémantiques. L'explication appelle une approche historique. » (P. B.)Dans cet essai bref, Pierre Bergounioux évoque de manière éclairante ce qu'il appelle « l'expérience vécue du style ». Mais Le Style comme expérience est aussi une archéologie de l'écriture. Comment l'écriture peut-elle s'abstraire de son vice originel, à savoir son émergence comme signe des premières sociétés inégalitaires ? C'est un regard historique que cet ouvrage nous propose d'adopter en analysant les bouleversements littéraires de notre modernité. Et nous permet de comprendre comment la littérature s'est mise à considérer le monde comme « ce que nous vivons quand on y est impliqué corps et âme, maintenant ».

  • Thomas, Mehdi et Louise se connaissent depuis l'enfance.
    À cette époque, Les Verrières étaient un terrain de jeux inépuisable. Aujourd'hui, ils ont grandi, leur quartier s'est délabré et, le temps d'un été, l'usine devient le centre de leurs vies.
    L'usine, où leurs pères ont trimé pendant tant d'années et où Thomas et Mehdi viennent d'être engagés.
    L'usine, au centre de la thèse que Louise prépare sur les ouvriers frontaliers, entre France et Suisse.
    Ces enfants des classes populaires aspiraient à une vie meilleure. Ils se retrouvent dans un monde aseptisé plus violent encore que celui de leurs parents. Là, il n'y a plus d'ouvriers, mais des opérateurs, et les machines brillent d'une étrange beauté.
    Grande fresque sur la puissance et la fragilité de l'héritage social, Thomas Flahaut écrit le roman d'une génération, avec ses rêves, ses espoirs, ses désillusions.

  • « Tout à l'heure, comme chaque matin, Marie se tenait derrière la porte. La radio s'est mise en route. Elle a fait demi-tour, rassurée. Antoine a entendu le pas de sa mère dans les escaliers. La porte a claqué. Puis au-dehors, le bruit bientôt flou de ses talons qui s'éloignent. Antoine a grogné, a envoyé valdinguer l'appareil. Il s'est retourné, enroulé dans ses draps. S'est rendormi. »Antoine a presque dix-neuf ans. Fragile, rêveur, indocile, il sèche le lycée, erre dans le centre commercial de son quartier, et ne fait rien de sa vie. Il cherche l'amour - et les coups.Camille veille sur son grand frère, et calme ses angoisses en se réfugiant dans la prière.Quant à Marie, leur mère, elle fait ce qu'elle peut... Mais c'est elle qui, un beau matin, déclenche l'explosion.Dans une langue d'une extrême sobriété, Olivier Adam décrit ces trois êtres prédisposés à prendre le large, comme si leur nature était de donner congé au monde.

  • « Toute vie est un processus de démolition », écrivait Scott Fitzgerald. James Salter semble lui donner raison avec ce roman cruel et subtil.Nedra est belle, assurée, et sait donner aux gestes quotidiens une sorte d'élégance. Viri est architecte. Il rêve d'accomplir une oeuvre qui lui survivra, et dévore les biographies d'hommes illustres. Ils habitent une vieille demeure non loin de New York, ils s'aiment. Peut-être sont-ils moins heureux qu'ils ne le disent. Quand le temps aura fait son oeuvre, il ne restera plus, des amours de Nedra et Viri, que des ruines et des regrets. Tendre est la nuit, mais la perfection du bonheur n'est pas de ce monde.James Salter est né en 1925 à New York. Pilote de chasse dans l'US Air Force pendant la guerre de Corée, il a également été scénariste à Hollywood. Ses romans (Un sport et un passe-temps, Cassada...) et ses mémoires (Une vie à brûler) sont les oeuvres d'un stylistique subtil et remarquable.Traduit de l'anglais (États-Unis) par Lisa Rosenbaum et Anne Rabinovitch.

  • « Le goût du citron glacé envahit le palais de Jacob, affole la mémoire nichée dans ses papilles, il s'interroge encore, comment les autres font-ils pour dormir. Lui n'y arrive pas, malgré l'entraînement qui fait exploser sa poitrine trop pleine d'un air

  • Sandor est perplexe.

    Est-ce que j'attire les fous, ou bien est-ce moi qui cherche leur compagnie ?

    Dès qu'il sort de chez lui, ces corps errants l'abordent et s'accrochent à sa personne, faisant de lui le dépositaire de leurs récits extravagants. Il y a Dédé, le fou météo. Laetitia et ses visions étranges. Madame Brandoux, qui jure toute la journée contre le monde entier. Et bien d'autres encore.

    Sandor se demande s'il n'est pas fou lui-même. D'autant que Constance, sa fille, est atteinte d'une terrible maladie psychique qui l'isole du reste du monde...

    Avec sensibilité, avec humour, avec désespoir, Jean-Pierre Martin raconte ceux qui butent, qui penchent, qui chantent la journée et hurlent la nuit.

  • Depuis qu'elle a été adoptée par Mrs Winterson, Jeanette a toujours lutté. Contre sa mère et sa morale religieuse stricte, contre ceux qui l'empêchent d'aimer et de vivre comme elle l'entend. Heureusement, elle a rencontré les livres. Et les mots sont devenus ses alliés. Jeanette écrit pour réinventer sa vie, s'extirper du gris, apprendre à aimer et être libre enfin.

  • traduit de l'anglais (États-Unis) par Josée Kamoun.
    En deux textes qui se répondent, Richard Ford retrace la vie de ses parents : celle de son père, représentant de commerce sur les routes une bonne partie du temps jusqu'à sa mort prématurée ; et celle de sa mère, qui, après une enfance sans histoires en Arkansas, son mariage et la naissance de son enfant, souffre des années de solitude, puis d'un cancer.
    L'auteur, qui se trouve " entre eux " décrit ces deux existences dans ce qu'elles ont de plus quotidien et de moins extraordinaire, et pose la question : que reste-t-il d'une vie vécue ?
    En marge de ses grands romans, ce livre sensible est l'hommage bouleversant d'un grand écrivain à ses parents, mais aussi une clé pour la compréhension de son œuvre.

  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe GarnierJames Salter fait figure de légende. À cet ancien pilote de l'US Air Force, romancier et scénariste à Hollywood, on prête un amour excessif du danger, le goût des femmes et une passion pour la France. Et l'on n'a pas tort, à en juger par son autobiographie. Salter s'y montre moins soucieux d'entretenir la légende que de dire la vérité. C'est pourquoi ce livre, contrairement à tant de mémoires d'écrivains, sonne si juste.Salter raconte : son enfance à New York dans les années 30, l'influence de son père qui le conduit à West Point, la prestigieuse académie militaire où - fait rarissime pour un juif - il fait toutes ses études avant d'entrer dans l'armée de l'air, puis la Corée et ses missions de pilote de chasse sur les premiers jets supersoniques. Il démissionne de l'armée pour se consacrer à l'écriture, devient romancier (Un sport et un passe-temps, Un bonheur parfait, etc.) et scénariste. Dans le récit qu'il en fait, Salter trace d'admirables portraits, de Kerouac à Irvin Shaw, de Robert Redford à Joe Fox : c'est drôle, cruel, un brin nostalgique.Nécessairement inachevés, ces mémoires sont un tour de force narratif et stylistique. Dans une prose ciselée, un des derniers grands écrivains américains nés avant la guerre jette un regard ironique et grave sur notre époque.

  • Étretat. Sur le balcon d'une chambre d'hôtel, un homme veille. Au bout de son regard : les falaises éclairées d'où s'est jetée sa mère, vingt ans plus tôt.Le temps d'une nuit, le narrateur déroule le film de sa vie, cherche dans sa mémoire rétive les traces de cette mère disparue. Il fouille son enfance, revient sur sa jeunesse perdue, sur son père brutal, son frère en fuite, ses années à Paris.Ce qu'il puise dans ses souvenirs : un flot d'images, de sensations, de lieux, d'apparitions. Et cette question : comment suis-je encore en vie, qui m'a sauvé ?Dans ce roman qui semble faire table rase du passé pour mieux le ranimer, Olivier Adam convoque tous les thèmes et les personnages qui lui sont chers. Ainsi rassemblés, ils donnent à Falaises un souffle et une ampleur romanesques rares.

  • Lors d'un été caniculaire marqué par une invasion de mouches, une adolescente connaît ses premiers émois auprès d'un ouvrier australien engagé par son père.

    Une enseignante explore les vicissitudes des rencontres amoureuses en ligne alors que la fin du monde approche.

    Un ancien mannequin revient dans sa ville natale pour travailler dans un lieu qui n'a de station-service que le nom...

    Les huit nouvelles de Dans la joie et la bonne humeur déroutent et interrogent. Si les femmes qu'elles mettent en scène sont souvent cantonnées à des rôles trop étriqués pour elles, elles ne sont pourtant jamais dupes.

  • Alexandre Varlop cherche Le Soleil, un manuscrit volé par des enfants, en 1961 à Mykonos. Depuis l'époque surréaliste, une légende circule auprès des initiés : ce serait, dit-on, un « absolu de la littérature ».Où se trouve cet écrit ? Que contient-il ? Qui en est l'auteur ?Déboussolé par ces questions, Varlop s'égare. Il se laisse détourner de son enquête par une jeune femme et revit sur l'île grecque des mythes très anciens. Il décide de se rendre à Palerme et se perd dans les bas-fonds de la ville, où il reçoit les confidences de deux frères, propriétaires d'un drôle de cabaret... Leurré par tous ceux qu'il rencontre, il a constamment l'impression qu'on se joue de lui. Ainsi se rapproche-t-il, pas à pas, mais par des voies imprévues, de ce qu'il cherchait vraiment.Voyage fabuleux, sans équivalent dans la littérature française contemporaine, ce livre renoue avec la magie des grands romans d'aventures.

  • le livre
    à bout de bras
    au-dessus de son visage
    comme ligne d'horizon
    comme carte d'un territoire
    à décrypter en temps réel
    le garçon lit
    Ce garçon qui se déplace secrètement vers une autre dimension découvre les pouvoirs des mots. Quelques années plus tard, devenu écrivain, il mixe – à sa façon – scènes familiales et extraits de ses lectures, pour ouvrir son " livre du dedans " et révéler son parcours de lecteur.

  • Tous deux ont grandi en Lorraine, au sein d'une famille pieuse, dans les années 1960. Puis le temps et les aventures les ont séparés. Aujourd'hui, Marcus, profitant des charmes de ses étudiantes, mène une vie décousue dans le Nord ; Carl, à l'apparence irréprochable, est assureur et père de famille à Metz. Deux frères que tout semble opposer et qu'un drame va rapprocher.

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